SAGA : Game of Thrones

Shakespeare & fantasy

Puisqu’il est primordial dans un cas si spécifique que celui-ci de devoir choisir, voici le classement, saison après saison, de la saga fantastique qui révolutionna la télévision : j’ai nommé, Game of Thrones. Un guide permettant d’analyser l’impact de chaque saison sur l’univers de la série, dans leurs grandes lignes, jusqu’à certains détails et avis des plus personnels.

CLASSEMENT


SAISONS: 8  (2011-2019)

ÉPISODES: 73 (de 55 min en moyenne) 

NOTE GLOBAL:  18/ 20          

 1ère : SAISON 4

2ème : SAISON 1

3ème : SAISON 6

4ème : SAISON 3

5ème : SAISON 8

6ème : SAISON 7

7ème : SAISON 2

8ème : SAISON 5


Saison 1

SAISON 1

Récapitulatif

Marquante sur bien des critères, cette première saison est l’une des plus significatives et l’une des plus importantes saisons de Game of Thrones. Lorsqu’une série dispose d’un univers si large et si riche que celui-ci, il est bien difficile d’y adhérer facilement. Lorsque le contexte mélange coutume féodale et fantastique, la tâche se révèle encore plus ardue. Pourtant, à ce titre, cette 1ère saison s’en sort avec les honneurs en parvenant à happer le téléspectateur via quelques artifices bien huilés. Posément, mais avec rythme, la saison enchaîne les tensions et les problématiques régnantes dans le Royaume de Westeros.

Présentant peu à peu sa large palette de personnages, et leurs destins respectifs, cette salve de 10 épisodes développe aisément le sel d’une aventure purement shakespearienne. À la fois variés dans ses décors, comme dans les intrigues de ses protagonistes, Game of Thrones se révèle tout au long de sa saison intelligemment politique, à la fois crue et réaliste, mais surtout aussi épique que passionnément dramatique.

Si l’une des grandes batailles est absente dans cette saison – qui fait de la série ce qu’elle est définitivement (la perle des blockbusters) – nul ne pourrait nier que la force d’une guerre se fait par la manipulation des hommes, les uns envers les autres. À ce titre, cette 1ère saison est un chef-d’œuvre d’une grande richesse. 

« In the game of thrones, you win or you die » 

Cersei Lannister

Un fait dont chacun est témoin lors du neuvième épisode (intitulé Bealor) lorsque Ned Stark (Sean Bean) est injustement décapité, sous les yeux écarquillés du public. L’incompréhension, la tristesse et l’étourdissement règne dans la tête de chacun. Le personnage central vient de mourir dans la honte. À ce moment, la série gagne, happe nos cœurs meurtris et nous emporte dans une aventure de plusieurs années qui ne laissera personne indifférent aux futurs destins des personnages qui restent. 

Sa place dans le classement – 2ème

Techniquement moins aboutie, cette 1ère saison restera tout de même fatalement l’une des plus puissantes et passionnantes de la saga. À bien des égards, les intrigues sont larges, variées et abondamment riches. La mort de Ned demeurera l’un des grands faits marquants, majeurs de la série, et marquera le début d’une passion pleine de fougue pour beaucoup.

Épisodes mémorables

« Baelor » (S01E09)faits marquants : À la Capitale, Ned Stark est injustement jugé pour trahison envers le Roi Joffrey qu’il accuse d’être né de l’inceste entre Jaime et Cersei Lannister. Pour sauver sa vie et afin d’être gracié, il décide de mentir publiquement en affirmant être un traître. Impartial, le jeune et cruel Roi revient sur sa parole et le fait décapiter. Pour ce qui restera la mort la plus choquante, cruelle et injuste de la série, cela sera également ce qui la définit le plus dans les saisons à venir. La promesse des neuvièmes ou avant-derniers épisodes cultes de chaque saison, mais aussi le meilleur exemple de l’aboutissement de toute la force des intrigues politiques dans la saga. Un coup de maître sans pitié, à l’image de la série. 

RÉALISATION : Alan Taylor / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« Fire and Blood » (S01E10), faits marquants : À Essos, après que Daenerys a perdu son enfant et qu’elle mit fin à la vie d’un Khal Drogo, plongé dans la léthargie, la Targaryenne décide de brûler vive la sorcière responsable de ses tourments. Dans un acte mystique, celle-ci se plonge dans le brasier, avec en sa possession ces trois œufs de dragons. Le lendemain matin, celle qu’on surnommera, entre autres, l’imbrûlée, en ressortira intact avec trois jeunes dragons qui y ont éclos.

Final d’une 1ère  saison très riche, ces derniers instants donnent naissance au mythe fantastique qui définit à jamais le destin Targaryen, mais aussi celui d’Essos et de Westeros. 

RÉALISATION : Alan Taylor / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


Saison 2

SAISON 2

Récapitulatif

La seconde saison de la saga s’inscrit comme le prolongement dans l’introduction de la série, et de l’incursion du téléspectateur dans l’univers de Game of Thrones. Une suite qui n’arrive pas tout de même à la cheville de son aînée, mais qui se voit doter de quelques atouts scénaristiques de taille. C’est d’abord l’occasion pour ses créateurs d’enrichir encore un peu plus son univers avec l’arrivée de nouveaux prétendants sur de grandes familles (Barathéon & Tyrell), ou la découverte de nouveaux destins qui pourrait s’avérer surprenant dans la suite de l’aventure (on pense à Davos (Liam Cunningham) ou bien Brienne (Gwendoline Christie)).

C’est ensuite la possibilité de proposer une partie d’échecs grandeur nature avec la Guerre de Cinq Rois. Complots et manigances font rage à nouveau tandis que l’intrigue use de différents stratagèmes pour rendre ces jeux de pouvoirs fascinants. Avec l’usage du fantastique et de la magie noir (par le biais de Melisandre (Carice Van-Houten), et ensuite par l’usage politique, déjà bien illustré en 1ère saison. 

Minimisant les combats et relayant les affrontements à des échanges verbaux et sous diverses manipulations, on s’aperçoit réellement de l’impact des dialogues sur l’intrigue, et de leurs sens. Savoureux et pleins d’audaces, ils renforcent le charisme de nombreux personnages. Le principal concerné est évidemment Tyrion Lannister (Peter Dinklage), que tout désigne comme pivot central tant son rôle s’enrichit. C’est d’ailleurs le premier et meilleur exemple pour la saga de sa réussite d’écriture envers sa riche distribution. Tyrion est un nain porté sur la boisson et (anciennement) attiré par les catins. Et pourtant ce bout d’homme a tous les atouts d’un grand par sa maîtrise de la politique dans son rôle de Main du Roi suppléante.

La justice ne triomphe pourtant jamais dans GOT, comme nous l’apprend la violente bataille du 9ème épisode lorsqu’on pense perdre Tyrion, le visage presque fendu en deux. Le destin se révèle clément bien qu’injuste et l’émotion conclut cette seconde saison. Après quoi vient la fascination, au-delà du Mur, lorsque les Marcheurs Blanc avance vers la garde de Nuit pour un affrontement…  

Sa place dans le classement – 7ème

Si elle ne dispose d’aucune mort choc, cette seconde saison s’inscrit comme parfait tremplin vers une suite épique et solidifie la structure de la saga. Elle dispose tout de-même de la Bataille de la Néra, la 1ère grande bataille qui reflète sa force dans l’utilisation du feu grégeois, tout en n’oubliant pas d’enrichir le destin de futurs protagonistes iconiques via des dialogues croustillants.

Épisode mémorable

« Blackwater » (S02E09), faits marquants : À Port-Réal, les forces de Stannis Barathéon attaquent par la mer pour prendre la Capitale. Tyrion Lannister parvient à pulvériser une partie de la flotte ennemie grâce aux feux Grégeois. Stannis attaque tout de même par la plage tandis que sur les remparts le Roi Joffrey quitte ses troupes. Tyrion, dans un discours motivant, mène une offensive sur les flancs même de la plage. Durant le combat, un soldat de la Garde Royale tente de l’assassiner. Alors que l’issue de la bataille est incertaine, les armées Tyrell et de Tywin Lannister débarquent et repousse l’envahisseur.

Dans ce qui sera la 1ère grande bataille de la série, le show démontre une belle force technique, que ce soit dans son réalisme des combats, des sièges ou sa maîtrise des effets spéciaux. Avec notamment la grandiose explosion maritime du feu Grégeois. De plus, c’est l’aboutissement de l’icônisation du personnage emblématique interprété à la perfection par Peter Dinklage : Tyrion Lannister.

RÉALISATION : Neil Marshall / SCÉNARIO : George R.R. Martin


Saison 3

SAISON 3

Récapitulatif

Le monde du petit écran est accro. La série phénomène Game of Thrones remplissait toutes les attentes et le rendez-vous était pris, chaque printemps. Tandis que chacun décortique semaine après semaine, de manière plus compréhensible, le vaste univers imaginé par George R.R Martin, les showrunners David Benioff & D.B. Weiss dévoile avec brio une intrigue réfléchie et bien huilée. C’est tout d’abord l’occasion d’y voir le retour en force du personnage féminin central de la saga, Daenerys Targaryen (Emilia Clarke), affirmant peu à peu son pouvoir et se construisant une armée d’Astapor jusqu’à Yunkai. 

À Westeros, la Guerre des Cinq Rois continue tandis qu’à Port-Réal, Tyrion (Peter Dinklage) continue de s’illustrer face à de nouveaux ennemis politiques tels que son propre père, Tywin Lannister (Charles Dance), ou la matriarche Tyrell, Olenna (Dianna Rigg). Complots et trahisons sont à nouveau au cœur du récit, de façon perfide puisqu’elle nous amène, mine de rien, jusqu’au dénouement des Noces Pourpres, aux Jumeaux. De façon marquante, choquante, et pleine d’atrocité, les Starks (Robb (Richard Madden), Catelyn (Michelle Fairley), et Talisa (Oona Chaplin)) sont trahis par leurs alliés (Bolton & Frey) et sauvagement assassinés. Une jolie manière de nous rappeler la rigueur réaliste et injuste qui guette, lors d’un show d’exception comme celui-ci.

L’autre grande force scénaristique de cette saison se fait par la manipulation d’empathie envers les personnages. À cet effet, celui de Jaime Lannister (Nikolaj Coster-Waldau) est une mine d’or. Tout d’abord accablé d’arrogance et d’assurance, son profil paraît simplement irrévérencieux. Bien plus complexe, et via une intrigue minimaliste, le masque s’effrite et laisse place à un homme triste, jugé hâtivement. Une claque émotionnelle fait même rage lors de ses aveux face à Brienne dans l’épisode 5. Les choses sont souvent beaucoup plus complexes qu’elles n’y paraissent dans GOT.

Sa place dans le classement – 4ème

Bien que cette saison puisse toujours se révéler moins haletante (jusqu’au fatidique neuvième épisode) que la première (et les suivantes), elle délivre quelques très beaux moments, s’affirme techniquement et dispose de belles idées d’intrigues autour de sa merveilleuse distribution toute en nuance. 

Épisode mémorable

« The Rains of Castamere » (S03E09)faits marquants : Aux Jumeaux, Robb et Catelyn Stark assistent au mariage d’un Tully et d’une Frey. Alors que les vœux ont été prononcés, ils sont trahis par Roose Bolton ainsi que Walder Frey via Tywin Lannister. La garnison Stark est assassinée, Robb poignardé en plein cœur, sa femme enceinte éventrée, et sa mère Catelyn égorgée jusqu’à l’os. 

Après le choc Ned Stark en 1ère saison, la famille de cœur du public subit une seconde fois un sort terrible, et de manière tout à fait inattendue. En perdant deux de ses membres les plus charismatiques, ce nouveau coup de maître restera le moment le plus choquant pour beaucoup de fans.  

RÉALISATION : David Nutter / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


Saison 4

SAISON 4

Récapitulatif

Avec sa troisième saison, la saga GOT effectue un imminent rappel de sa force dans un dénouement dramatique déstabilisant. Cette quatrième saison se révèle être la promesse d’une prouesse richissime, encore plus grandiose. Tandis que les précédentes saisons nous avaient habitués à monter crescendo en tension, celle-ci effectue un contre-pied exquis au terme du second épisode qui voit l’infâme Roi Joffrey (Jack Gleeson) succomber à un atroce empoisonnement. Une certaine forme de justice, oui, alors qu’injustement, c’est le formidable Tyrion (Peter Dinklage) qui est accusé de régicide. 

Ce que la série nous offre comme satisfaction, elle nous le reprend illico dans une rigueur alarmante. Plus sage dans la suite de ses épisodes, cette 4ème saison construit peu à peu la structure d’une seconde partie de saison résolument culte. Le 6ème épisode le démontre lors du procès que subit Tyrion, impuissant, jusqu’à une résolution et une prise de parole devenue culte. L’ultime démonstration d’une intrigue parfaitement aboutie, entre manipulations et force politique.

Ce qui va s’ensuivre ne fait qu’accentuer ce sentiment de richesse. Tout d’abord avec la force manipulatrice de Baelish (Aidan Gillen) dans le 7ème épisode, puis la palpitation lors du duel judiciaire qui oppose Oberyn Martell (Pedro Pascal) à la Montagne (8ème ép.), jusqu’à la puissance des combats lors de l’affrontement à Castle Black entre sauvageons et Garde de la Nuit (9ème ép.). Enfin, c’est l’émotion qui jaillit dans le final tandis que le Limier (Rory McCann) est laissé pour mort, et que Bran (Isaac Hemptstead-Wright) embrasse son destin fantastique. La vengeance de Tyrion Lannister demeure l’aboutissement d’une grande force d’écriture et d’un sens du drame épique et rigoureux !

Au terme de cette fabuleuse nouvelle épopée, et après avoir découvert la suite de l’aventure, cette saison s’inscrit comme la conclusion de l’Acte I pour la saga, mais aussi l’une des plus grandioses saisons (mais aussi LA MEILLEURE) pour la série. Non seulement elle paraît conclure le destin de nombreux personnages, mais elle se révèle être la plus aboutie techniquement depuis son commencement en 2011. Les cadrages sont structurés, le montage réfléchi, et l’enveloppe de la série crédible en tout point.

Sa place dans le classement – 1ère

Prodigieuse dans sa narration, techniquement puissante et rythmée comme jamais, cette 4ème saison est un véritable bijou. L’aboutissement d’un travail d’orfèvre et la démonstration d’un chef-d’œuvre contemporain en plein essor.  

Épisodes mémorables

« The Lion and the Rose » (S04E02)faits marquants : À la Capitale, les festivités battent leurs pleins tandis que le Roi Joffrey épouse la belle Margaery Tyrell. Lors de la découpe de la tourte, le Roi s’étouffe, boit du vin, puis s’effondre et meurt atrocement par le poison, dans les bras de sa mère. Cersei, folle de rage et de chagrin, accuse son frère Tyrion, que tout semble désigner. 

Mort tant attendue dans la série, l’infâme Joffrey s’éteint dès le 2ème épisode de la formidable 4ème saison, de manière tout à fait inattendue. Idéalement, le genre de rebondissement qu’on se souvient longtemps après la diffusion.  

RÉALISATION : Alex Graves / SCÉNARIO : George R.R. Martin


« The Laws of Gods and Men » (S04E06), faits marquants : À la Capitale, Tyrion Lannister est injustement jugé pour le meurtre du Roi, son neveu Joffrey. Dans un procès truqué n’ayant pour unique but que d’assouvir les desseins de son père Tywin, le nain fait preuve d’une incroyable éloquence et demande un jugement par duel judiciaire.

Cet épisode, en apparence convenu, fait preuve d’une immense puissance dans l’utilisation de ses dialogues, portés magnifiquement à l’écran par le grand talent de Peter Dinklage. Indéniablement le monologue le plus exaltant de la saga et la vengeance (verbale) la plus aboutie.

RÉALISATION : Alik Sakharov / SCÉNARIO : Bryan Cogman


« The Mountain and the Viper » (S04E08), faits marquants : À Port-Réal, le duel judiciaire censé juger Tyrion Lannister oppose : Oberyn Martell, venu réclamer vengeance pour le meurtre de sa sœur, à son assassin, Gregor Clegane. Tandis que le duel tourne à l’avantage de la Vipère Rouge, sa vanité lui fait commettre une erreur lorsque la Montagne parvient à lui mettre la main dessus pour lui broyer le crâne.

Dans cet affrontement haletant entre un mastodonte et un nouveau personnage charismatique, la série déjoue encore une fois nos attentes en évinçant de façon violente et cruel un protagoniste qu’on imaginait déjà perdurer. Choquant, tout simplement. 

RÉALISATION : Alex Graves / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Watchers on the Wall » (S04E09)faits marquants : Au Mur, la Garde de Nuit se prépare à se défendre face à la plus large armée sauvageonnes jamais regroupées. Attaquée des deux côtés, la centaine d’hommes, menée notamment par Jon Snow, repousse courageusement l’adversaire jusqu’au matin. Dans la bataille, il perdra des amis, mais aussi son amour, Ygritte, qui s’éteint dans ses bras après avoir été transpercée par une flèche. 

Deuxième grande bataille de la série, cet affrontement de nuit s’avère d’une efficacité redoutable. C’est également l’occasion de constater avec la poignante scène entre Jon et Ygritte, comme, une fois n’est pas coutume, les histoires d’amours finissent mal dans la saga.

RÉALISATION : Neil Marshall / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Children » (S04E10), faits marquants : Au Mur, Jon est sauvé par l’armée de Stannis Barathéon. Bran Stark épouse son destin en rencontrant la Corneille à trois yeux et les enfants de la Forêt. Le Limier est laissé pour mort par Arya, après un combat acharné face à Brienne de Torth. La jeune Stark vogue alors vers Braavos, tandis qu’à la Capitale, Tyrion Lannister, libéré par son frère Jaime, est contraint de s’enfuir jusqu’à Essos avec Varys, alors qu’il vient d’assassiner son père Tywin, et sa maîtresse Shae.

Cet épisode de plus d’une heure conclut en apothéose la meilleure saison de la saga par son lot complet d’effets marquants : un combat brutal, un destin riche, une mise à mort jouissive, une trahison choquante, et un avenir fantastique alléchant. 

RÉALISATION : Alex Graves / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


Saison 5

SAISON 5

Récapitulatif

Une page se tourne pour la saga fantastique d’HBO. Avec cette 5ème saison qui s’inscrit comme point de départ de l’Acte II, tous les pouvoirs sont susceptibles de se contrebalancer. C’est d’ailleurs à ce stade de l’aventure qu’un changement majeur s’opère dans la série. D’un côté, l’enveloppe globale du scénario se révèle moins surprenante dans les grands faits (et ne s’appuie (quasiment) plus sur un matériau, la série dépassant les livres), tandis qu’à l’inverse, techniquement, chaque épisode démontre une formidable richesse pour étayer un contenu fourmillant de détails. 

Car, pour autant, les scénaristes n’oublient pas de développer certains aspects politiques, religieux ou géographiques du vaste univers de la saga. Entre autres, à Port-Réal, Cersei (Lena Headey) joue avec le feu en armant la Foi Militante, tandis que de l’autre côté du Détroit, à Meereen, les fidèles des fils de la Harpie frappent sans merci et font des victimes dans les rangs de Daenerys (Emilia Clarke). L’ajout de Tyrion (Peter Dinklage) dans une intrigue politique inédite face à la Mère des Dragons est par ailleurs une idée formidable pour la suite de l’aventure.

Une saison qui révèle d’autres points culminants pour la structure de son univers. Pour commencer, elle montre enfin la force dévastatrice de l’armée des Marcheurs Blancs à Durlieu, dans une longue scène colossale. Puis, dans l’arène de Meereen lors du neuvième épisode, elle présente la fureur convaincante des Dragons. Parallèlement, résonne la citation du Mestre Aemon ‘’Kill the boy’’ à l’égard de Jon Snow (Kit Harington), qui s’impose définitivement comme figure héroïque dans la série et nouveau leader tourmenté entre ses hommes, au Mur et les troupes sauvageonnes.

Dans un final cruel pour plusieurs personnages (de la marche de la honte pour Cersei, à l’assassinat de Myrcella dans les bras de son père Jaime (Nikolaj Coster-Waldau)), la stupeur nous envahie dans les dernières secondes lorsque le Lord Commandant est assassiné par ses propres hommes. Et avant de réaliser que son sort n’est pas scellé, c’est une grande frustration, et une grande tristesse qui règne dans le cœur des fans. Qui perdurent longtemps à l’époque.  

Sa place dans le classement – 8ème

Avec sa scène choc de fin de saison et la force technique dont fait preuve la série, GOT frappe tout de même fort en 2015 malgré ses défauts de narration. De plus, elle étoffe toujours (légèrement) davantage un univers chaque jour plus vaste et fantastique.

Épisodes mémorables

« Hardhome » (S05E08), faits marquants : À Durlieu, de l’autre côté du Mur, les Marcheurs Blancs attaquent violemment le peuple Sauvageons alors que Jon Snow, venu avec Tormund, tente de les sauver en les unissant. Après une retraite minime et l’extermination quasi-totale des troupes, le Roi de la Nuit relève les hommes, femmes et enfants morts aux combats pour qu’ils rejoignent son armée.

C’est durant la deuxième partie de cet épisode que cet enchaînement époustouflant se déroule. Sur près d’une demi-heure, la tension monte jusqu’à une démonstration de puissance haletante et écrasante. Le paroxysme de l’intrigue fantastique pour la saga.

RÉALISATION : Miguel Sapochnik / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Dance of Dragons » (S05E09), faits marquants : Dans le camp militaire de Stannis, acculé par la faim, la mutinerie et la désertion, le prétendant Baratheon consent de sacrifier sa douce fille Shireen par le feu, sur les demandes de Mélisandre. À Meereen, malgré des fiançailles politiques et la réouverture des Arènes, Daenerys et consort (dont Tyrion Lannister) sont acculés par les Fils de la Harpie. Le terrible Drogon pourfend le ciel et sauve alors la mère des Dragons.

Outre le tragique destin de Shireen, dont le cri retentit encore dans nos oreilles, ce 9ème fatidique épisode s’impose comme la 1ère vraie démonstration de force d’un Dragon à l’écran. Une créature majestueuse et sans pitié, magique dans tous les sens.

RÉALISATION : David Nutter / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« Mother’s Mercy » (S05E10), faits marquants : À Port-Réal, Cersei Lannister est jugée par les Dieux selon la Foi Militante dans une atroce marche de l’expiation. De retour vers la Capitale, Jaime assiste à l’empoisonnement de sa propre fille qui meurt dans ses bras. Aux portes de Winterfell, après avoir sacrifié sa propre fille, Stannis Barathéon, dont les forces armées ont presque toutes déserté, affronte l’armée Bolton. Le peu d’hommes est décimé, et Stannis, acculé, finit par subir le coup d’épée d’une Brienne de Torth venue réclamer vengeance. Pendant ce temps, Sansa Stark et Theon Greyjoy s’enfuient du château. Au Mur, le Lord Commandant Jon Snow est assassiné par ses propres hommes pour avoir sauvé les sauvageons.

Avec tous ses destins tragiques, ce final de 5ème saison s’avère infiniment triste dans l’histoire de la saga. Bien que Jon parvienne à revenir à la vie dans la saison suivante, sur le moment, sa tragique mort demeure un choc puissant dans le cœur de son personnage et le nôtre. 

RÉALISATION : David Nutter / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


Saison 6

SAISON 6

Récapitulatif

Avec sa cinquième saison, la saga Game of Thrones étoffe grandement son univers dans une 1ère moitié d’Acte II convaincante là où son scénario perdait en force. Sa suite y met fin dans un final explosif qui nous amène aux portes d’une conclusion glaçante. Un Acte plus court certes, condensé, mais plus intense et grandiose. Cette fois, le jeu des Trônes s’intéresse plus à ses survivants, et voit l’annihilation progressive de plusieurs grandes familles de Westeros. Par le biais d’intrigues qui se regroupent, l’histoire laisse moins de places au casting secondaire, qui brille pourtant dans quelques scènes rudement bien écrites. 

Cette saison est également l’occasion pour la série d’apporter cohérences et réponses à son univers fantastique si mystérieux et sombre (les origines du Roi de la Nuit, l’apprentissage de la corneille, etc.). Des éléments cruciaux pour la suite de l’aventure. Toutefois, cette 6ème aventure restera principalement marquée par deux derniers épisodes miraculeux (hormis son coup de force dans l’épisode 5 ‘’The Door’’), qui mélangent tous les éléments qui ont fait la force de la série jusqu’à lors : plans d’actions mémorables, effets spéciaux toujours plus spectaculaires et crédibles, affrontements ahurissants, et scènes pleines d’émotions. 

Cela débute par la reprise de la Baie de Serfs par Daenerys (Emilia Clarke) et ses dragons, dans une pluie de flammes. S’ensuit la Bataille des Bâtards, et sa démonstration technique assommante de réalisme dans sa violence crue (elle oppose les armées de Jon Snow (Kit Harington) à Ramsay Bolton (Iwan Rheon) pour la reprise du Nord). Du jamais vu à la télévision, qui dépasse même le cinéma sur grand écran, trop penché sur la surenchère de pyromanie et d’effets tape à l’œil. Enfin, le final s’ouvre par la choquante vengeance de Cersei (Lena Headey), dans une longue scène magistralement menée et magnifiquement rythmée par la mélodie de Ramin Djawadi. Outre d’autres moments magistraux (la naissance de Jon, la flotte de Daenerys vers Westeros…), ce final confirme l’incroyable talent de conteur des showrunners.    

Sa place dans le classement – 2ème

En proposant un développement concret de son univers, ainsi que deux épisodes cultes, et parallèlement les meilleurs de la série, cette saison s’inscrit automatiquement comme l’une des plus cultes de la saga. Plus qu’un chef-d’œuvre, un blockbuster intelligent ou un mythe dans l’inconscient de tout humain normalement constitué malgré son rythme en dent de scie. 

Épisodes mémorables

« The Door » (S06E05), faits marquants : Au-delà-du-Mur, tandis que Bran Stark doit finir son apprentissage pour devenir la nouvelle Corneille à trois yeux, il est marqué par le Roi de la Nuit dont on apprend les véritables origines. Lorsque celui-ci pénètre dans leur repaire et élimine l’ancienne Corneille, le jeune Bran et ses alliés tentent de s’échapper. En maintenant la porte qui sépare Bran des morts, Hodor, dont les raisons de son handicap sont révélées, se sacrifie.

Outre l’attrait émotionnel très fort du sacrifice d’un personnage attachant et iconique, cet épisode lève le voile sur une trame fantastique très complexe, et soulève de multiples questions.

RÉALISATION : Jack Bender / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« Battle of the Bastards » (S06E09), faits marquants : À Essos, Daenerys reprend le contrôle de la Baie des Serfs grâce à la force de ses trois Dragons. À Westeros, Jon Snow et ses forces Nordiennes regroupés attaquent les armées Bolton pour reconquérir Winterfell et le Nord. Après un combat sans merci et l’aide des cavaliers du Val d’Arryn, les Starks reprennent le château et Ramsay est taillé en pièces par ses propres limiers affamés, sous le regard vengeur de Sansa.

L’épisode débute très fort avec l’immense démonstration de force des Dragons. Ensuite, vient une longue scène de bataille étourdissante, brutale et étouffante. Une démonstration technique et épique jamais égalée dans la série, et composée d’innombrables plans cultes, sans équivoques.

RÉALISATION : Miguel Sapochnik / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Winds of Winter » (S06E10), faits marquants : Cersei Lannister prend le pouvoir à Port-Réal en atomisant ses opposants (dont le Grand Moineau et Margaery Tyrell) dans la Septuaire de Bealor. Son dernier fils, le Roi Tommen, se suicide face au désastre et fait indirectement de sa mère la Reine des Sept Couronnes. Via les visions de Bran, on apprend les véritables origines de Jon Snow, dont la mère est Lyanna Stark et le père Rhaegar Targaryen. Enfin, après avoir fait de Tyrion Lannister sa Main, Daenerys vogue avec une importante flotte vers son destin et le Trône de Fer.

Un épisode colossal où se mêle tout le sel de la série : rebondissements, force, et fantastique, ainsi qu’un attrait de vengeance dantesque avec le personnage emblématique de Cersei. De plus, en ressort une émotion éblouissante envers certains personnages, et notamment le destin de Jon Snow sur lequel est basé la partie majeure de la série. L’occasion de comprendre également que la rébellion de Robert Baratheon est basée sur un mensonge. 

RÉALISATION : Miguel Sapochnik / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


Saison 7

SAISON 7

Récapitulatif

L’Acte final de la saga fantastique la plus marquante de l’histoire de la télévision débute pour la 1ère fois sur HBO en plein été (juillet), dans un format inédit et raccourci à 7 épisodes. Avec son pitch ‘’Winter is here’’ les showrunners aborde avec rythme et intensité ce qui sera la 1ère partie d’un Acte III grandiose et condensé. Une saison marquée par de nombreuses retrouvailles entre personnages, mais aussi de nouvelles rencontres et notamment celle du Dragon et du Loup – Daenerys (Emilia Clarke) et Jon (Kit Harington). 

Divisé en deux intrigues distinctes (avec les multiples destins qui y sont additionnés), les enjeux dramatiques jonglent entre la Guerre pour le Trône qui oppose les deux Reines (Targaryen contre Lannister (Lena Headey)), et la menace grandissante au Nord, avec l’approche du Roi de la Nuit. De manière tout à fait crédible, et malgré une rapidité peu commune à la série, les objectifs des deux intrigues fusionnent jusqu’à une rencontre inédite dans le final à Port-Réal. Regroupant ennemis et alliés pour un éventuel partenariat, de façon idyllique, ils s’unissent ensemble, face à l’armée de Marcheurs Blancs. 

Pourtant, face à cette menace réelle, la Reine Cersei décide de trahir sa parole et de ne pas soutenir nos héros. Le parfait exemple d’une tacticienne sans foi ni loi qui nous a déjà surpris dans sa guerre tactique face aux alliés de Daenerys (Tyrell, Greyjoy, et Sand) en les supprimant tous, un à un. Ainsi, entre ses affrontements plus spectaculaires encore (l’attaque de Drogon et des Dothrakis face aux Lannister, ou la mission suicide par delà le Mur), et des intrigues sous suspense (politique comme dramatique) la saga Game of Thrones atteint le stade de la production ‘’mastodonte’’ avec cette avant-dernière saison qui augmente le rythme et fait grandir le suspense.  

Sa place dans le classement – 6ème

Exceptionnel techniquement, mais plus en retenue émotionnelle, cette 7ème saison se pose toutefois comme parfaite introduction à un final grandiose censé aboutir sur des enjeux dramatiques forts, et qui agissent comme des arraches-cœur pour ses fans. L’attente et les espoirs sont en ébullition. 

Épisodes mémorables

« The Spoils of War » (S07E04), faits marquants : Dans le Bief, après avoir astucieusement conquis Hautjardin, une partie de l’armée Lannister et ses vassaux se voient soudainement encerclés, dépassés, puis brûlés vifs par les cavaliers Dothrakis ainsi que Daenerys qui chevauche Drogon. Au cours du massacre, Jaime ne devra sa vie qu’au mercenaire Bronn, qui parvient à le sauver avant que celui-ci ne subisse le souffle du dragon.

Impressionnante démonstration de force et de détermination pour la Targaryenne, cet épisode de mi-saison s’avère aussi intense qu’il oppose frontalement et astucieusement deux clans appréciés par le public. Une marque de suspense aussi redoutable que bien exécutée.  

RÉALISATION : Matt Shakman / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« Beyond the Wall » (S07E06), faits marquants : Au-delà-du-Mur, un groupe hétéroclite de héros s’y aventure afin d’y capturer un mort et le ramener à la Capitale. Le périple qui s’avère périlleux amènera nos héros à fuir l’armée des morts des Marcheurs Blancs. Acculé sur un glacier, le petit groupe accordera sa survie à l’intervention de Daenerys et ses trois Dragons. Pendant le sauvetage, le Roi de la Nuit parviendra à abattre en vol l’un des dragons, et plus tard, à le transformer afin qu’il soit l’instrument ultime de sa vengeance envers les hommes.

En associant plusieurs grands combattants de la série contre les morts, cet épisode d’action haletant s’avère incontournable par sa force visuelle hors norme, son sens épique et son twist final qu’on attendait tous. 

RÉALISATION : Alan Taylor / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Dragon and the Wolf » (S07E07), faits marquants : À Port-Réal, une rencontre de sommet est organisée. Tyrion, Jon, et Daenerys tentent de convaincre Cersei de faire une trêve dans la guerre et de participer à la résistance face aux morts. L’actuelle Reine répond sur la positive tandis qu’elle intrigue dans son propre intérêt. Face à ce mensonge, Jaime quitte la Capitale pour rejoindre l’alliance au Nord. À Winterfell, les sœurs Stark jugent puis exécutent Littlefinger. Samwell et Bran se rencontrent et apprennent que Jon est l’héritier légitime du Trône de Fer. Entre-temps, Jon et Daenerys entretiennent une passion et tombent amoureux, l’un et l’autre sans connaître cette vérité. À Fort-levant, le Roi de la Nuit, chevauchant Viserion, fait une brèche dans le Mur et permet à son armée des morts d’atteindre Westeros.

Le final de la 7ème saison se révèle la parfaite introduction au grand final de la saga, en laissant des pistes de suspense épique et une possibilité dramatique immense pour le destin de nombreux protagonistes, et notamment entre le Dragon et le Loup.

RÉALISATION : Jeremy Podeswa / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


Saison 8

SAISON 8

Récapitulatif

L’événement télévisuel de la décennie s’achève donc là, après deux années d’attente, et au printemps, comme elle nous avait habitués à le faire durant tant d’années. Dans une tristesse non dissimulée pour ses millions de fans, l’attente était assurément trop grande, après un certain recul. Les enjeux, bien trop énormes. Les nombreuses déceptions qui en découlent sont nourries de ce sentiment contradictoire d’une fin si douce-amère. 6 épisodes découpés en deux parties et qui achèvent les deux intrigues de la série : La menace des Marcheurs Blancs / La Guerre pour le Trône de Fer

Techniquement toujours plus grandiose, la série démontre son ampleur dans des décors, des costumes et des effets spéciaux crédibles et grandeur nature. La 1ère partie de la saison s’attarde au Nord, tandis que l’affrontement final contre les morts se prépare. L’intrigue se pose méthodiquement entre des dernières retrouvailles aussi chaleureuses que condensées, des destins révélés, ainsi que des rancœurs ou des animosités aux conséquences irréversibles pour les ultimes destins de la série.  

Dans son 3ème épisode  »The Long Night », le plus long de la saga (1h22), la bataille tant attendue fait rage dans un rythme tonitruant. Sombre, frustrant, et merveilleusement épique, cet épisode peut décevoir sur plusieurs de ses aspects, mais se révèle grandiose ! 55 nuits de tournages pour les équipes de la série pour un résultat qui impose le respect. Enfin, dans 3 ultimes épisodes qui ne manqueront jamais de faire débattre, l’intrigue s’oriente inéluctablement vers une conclusion funeste et triste. Si la psychologie richissime de Daenerys (Emilia Clarke) aurait mérité un traitement plus poussé par quelques scènes supplémentaires, son orientation finale s’avère une idée aussi fantastique que logique.

Avec un sentiment de cendres dans la bouche et une imagerie choquante, le 5ème épisode  »The Bells » s’avère renversant, marquant et amer. Son final dramatique et son épilogue doux sont la parfaite mesure pour la conclusion d’une saga culte !    

Sa place dans le classement – 5ème

Avec des réactions aussi vives, GOT se termine avec un sentiment de cassure difficilement qualifiable. Et bien qu’elle s’avère trop courte, et frustrante, la conclusion de l’Acte III et de la saga est d’une logique imparable. L’envie de chacun sur une fin précise alimente naturellement des réactions vives sur celle dévoilée. Cohérente, radicale, épique et pleine d’émotions, cette saison grandiose s’inscrit comme un tournant pour la télévision moderne.

Épisodes mémorables

« The Long Night » (S08E03)faits marquants : À Winterfell, l’alliance des vivants se prépare à affronter les Marcheurs Blancs et l’armée des morts. Au sol, dans une bataille écrasante, les morts déciment les vivants qui se battent avec rage, tandis que dans les airs, à dos de Dragons, Jon et Daenerys affrontent le Roi de la Nuit. Alors que tout espoir semble perdu, l’intrépide Arya Stark parvient à se hisser jusqu’au terrible commandant venus terrasser la Corneille à trois yeux. En le poignardant d’une dague en acier Valyrien, elle met fin à la longue nuit. 

L’ultime bataille d’1h20 s’avère aussi sombre et étouffante que frustrante. Quand bien même cet épisode tant attendu se voit doter d’autant d’imperfections et de quelques déceptions, il se révèle grandiose et épique comme jamais !

RÉALISATION : Miguel Sapochnik / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Last of the Starks » (S08E04), faits marquants : À Winterfell, les survivants de la longue nuit rendent hommage aux vivants tombés face aux morts dans un immense bûcher funéraire. Tandis qu’un banquet pour célébrer la victoire a lieu, un intime sentiment de frustration anime Daenerys Targaryen, jalouse de l’incarnation que représente Jon Snow dans le Nord. La révélation de ses véritables origines envers ses sœurs, puis les conseillers de Daenerys ne seront que les premières pierres d’un basculement psychologique qui la conduira au chaos. En route vers Peyredragon, le dragon Rhaegal est abattu en vol par les ‘’Scorpions’’ d’Euron Greyjoy, et Missandei est faite capturer. Sur les remparts de Port-Réal, une reddition est négociée en vain, et la dame de compagnie est décapitée sous l’ordre de la Reine Cersei Lannister.

Cet épisode crucial est l’illustration parfaite du handicap de l’ultime saison, qui regorge tout de même de moments mémoriaux. D’un côté, la rapidité de l’intrigue avancée est frustrante, tandis que son impact est une démonstration de force renversante.

RÉALISATION : David Nutter / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss


« The Bells » (S08E05), faits marquants : Daenerys Targaryen condamne à mort Varys pour l’avoir trahie. L’attaque de la Capitale est une annihilation totale de la flotte Greyjoy, de la Compagnie Dorée, et des ‘’Scorpions’’ postés sur les remparts. Malgré les supplices de Tyrion et la reddition des armées Lannister dans Port-Réal, la Reine des Dragons bascule et brûle toute la ville, avec hommes, femmes et enfants innocents. Alors que la ville est à feu et à sang, les frères Clegane se livrent un combat sans merci et les amants Lannister meurent sous les décombres du Donjon Rouge.

Sans aucun doute l’épisode le plus choquant de la saga. Outre sa force technique (effets spéciaux et mise en scène) époustouflante, on assiste à un carnage choc incroyablement plausible. C’est plein d’émotions et de destins qui s’achèvent pour des personnages emblématiques de la série. De plus, on assiste à la mise en place ahurissante d’un personnage phare de la saga au rang d’antagoniste majeur.

RÉALISATION : Miguel Sapochnik / SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss 


« The Iron Throne » (S08E06)faits marquants : Daenerys Targaryen a pris le pouvoir par le feu et le sang à Port-Réal. Face à ce massacre, Tyrion Lannister jette son épingle de Main de la Reine et est fait prisonnier politique. Jon, dans un dilemme entre amour et devoir, fait le choix de la poignardée en plein cœur. Drogon dans une pluie de rage et de flammes détruit le Trône de Fer, symbole du pouvoir absolu. Après plusieurs semaines, lors d’un conseil réunissant les plus grandes familles de Westeros, Tyrion propose d’élire un nouveau suzerain de manière non héréditaire. Bran ‘’le Brisé’’ est donc choisi sous la proposition de Tyrion, qui lui, est fait Main du Roi. Les derniers Stark se dirigent vers un destin différent : Arya vogue vers les contrées inconnues à l’Ouest de Westeros, Sansa est couronnée Reine du Nord, région à nouveau indépendante, et enfin, Jon s’exile au Nord du Mur avec les sauvageons. 

Épisode final, fidèle à la vision de ses créateurs, elle s’avère une formidable conclusion douce-amère pour la saga. Émotionnel, doté de plans grandioses et de multiples références aux anciennes saisons, cet épisode est l’aboutissement d’un drame shakespearien qui ne manquera pas de marquer toute une génération. Magnifique et personnellement poignant !

RÉALISATION & SCÉNARIO : David Benioff & D.B. Weiss

(9 commentaires)

  1. […] Dans son élément, l’auteur adepte de refaçonner les histoires mystérieuse et fantastique (bien qu’à proprement, il s’agisse du genre de la science-fiction, qu’il maîtrise aussi) signe le script de cette histoire romantique et fantastique de 4h30 et des brouettes, sous la réalisation unique de David Nutter, qui s’est déjà illustré chez HBO en réalisant plusieurs très bons épisodes de… Game of Thrones. […]

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