VERMINES

EN DEUX MOTS : Avec ses bons retours, son pitch implacable, et en tant que grand amateur du genre, VERMINES se dévoile comme un pur plaisir coupable pour clôturer l’année.

Face à une invasion d’araignées, les habitants d’un immeuble vont devoir survivre.

Allociné

Quand simplicité rime avec efficacité ce premier film français décape en effet le genre du film de monstre. Sur près de 100 bonnes minutes, le jeune Sébastien Vaniček compose un film d’épouvante virtuose au climax soutenu. Il y met en scène, principalement, un jeune casting brillant qui va évoluer dans un environnement de huis clos insoutenable.

Constamment pris en tenaille, ils doivent également avancer malgré les préjugés. C’est également la prérogative du réalisateur qui, avec son premier long, tente une nouvelle approche sur la vision toute faite des cités. Pour un résultat plus contrasté et plus chaleureux malgré la noirceur du propos. C’est ainsi que même si VERMINES possède des faiblesses typiques d’un premier film, il demeure un exercice de style d’une force indéniable.

Après une petite introduction révélatrice et un générique à la Se7en, on y suit le cheminement de notre tête d’affiche (Théo Christine). Très vite, Sébastien Vaniček nous plonge dans son principal décor qu’il connaît bien : la banlieue. Et plus précisément l’atypique décor de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Entre de légères touches d’humour et des personnages parfaitement caractérisés (et interprétés) il dresse le portrait d’habitants en tous genres.

TERREUR SOCIÉTALE

Malgré un rythme qui monte naturellement crescendo en cours de sa première partie, VERMINES avance avec tact jusqu’à la montée d’adrénaline. C’est ici que le metteur en scène montre son style, et le fait habilement grâce à sa frontalité. Un style de cinéma soviétique ou coréen, qu’ils adulent, comme principales références et qui privilégie l’énergie. Il travaille sa caméra dans des plans verticaux simple, mais toujours très efficace (qui s’allie parfaitement à ses décors). Le son s’avère être son second instrument de prédilection, chose qu’il utilise avec force fréquemment.

Au cœur de ce cauchemar, et après l’exploitation d’un casting secondaire rapidement mis en toile, nos cinq jeunes banlieusards bouffe l’écran. Théo Christine s’impose aisément par son charisme, Sofia Lesaffre par son charme, Lisa Nyarko par son énergie, et Finnegan Oldfield par son aisance de jeu. Mon petit coup de cœur s’avère être Jérôme Niel d’une éloquence assez dingue.

Si la petite team manque de pur moment de bravoure, le récit favorise la survie à l’état pure. Et pour cela, le film enchaîne quelques scènes de genre éminemment culte. D’une chasse claustro dans une salle de bain riquiqui, à la traversée d’un couloir infesté, jusqu’à une course-poursuite effrénée dans les marches de l’immeuble. En tout temps, le réalisateur use de son décor avec doigté (n’occultant pas ses incartades lumineuses vers l’extérieur : l’échappatoire).

VERMINES met également en scène des araignées familières mais atrocement effrayantes. Pour cela la production à user de la 3D pour donner vie et forme à la « heteropoda maxima » sous différentes tailles. Le résultat s’avère savamment bien exploité, et n’a pas à rougir face à la concurrence américaine.

CONCLUSION

Tout cela cumulé, on assiste à une petite bombe du genre. VERMINES n’a pas la carrure d’un grand film d’épouvante (comme le prouve son manque de mise à mort frontal ou d’horreur pure), mais dispose d’un savoir-faire rare pour un premier film. Un régal qui allie : climax idéal, sujet de fond parfaitement éclairé, jeunes révélations brillantes, et une technique hors pair.


Les + :

  • Un climax de tension percutant, en son comme en image.
  • Quelques scènes de frousse bien tournées et pleine d’adrénaline.
  • Un jeune quintette brillant et savamment interprété. L’éloquent Jérôme Niel en tête.
  • Un sujet sociétal de fond (les cités) a la vision plus nuancés et réaliste que les habituels clichés.
  • Des araignées parfaitement illustrées à l’écran.
  • Un premier film de genre exemplaire. Une fierté pour le cinéma français.

Les – :

  • Une démonstration d’horreur pure trop souvent hors-champ. Notamment dans ses mises à mort.
  • Un montage maîtrisé, hormis dans ses scènes de chaos qui use de certaines facilités.
  • Quelques limites visuelles, malgré ses prouesses. Un défaut pardonné lorsqu’il s’agit d’un premier film.
  • Si les scènes de survie sont légion, celles de bravoure manquent un peu à l’appel.
  • Un petit chef d’œuvre du genre, mais un film de genre quand même.

MA NOTE : 15/20

Les crédits

RÉALISATION : Sébastien Vaniček / SCÉNARIO : Sébastien Vaniček & Florent Bernard

AVEC : Théo Christine, Sofia Lesaffre, Jérôme Niel, Lisa Nyarko, et Finnegan Oldfield (…)

SORTIE : 27 Décembre 2023 / DURÉE : 1h45

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