
Dans le vaste univers de Yellowstone créé par Taylor Sheridan, Dutton Ranch s’inscrit vraisemblablement comme son digne successeur. Plusieurs semaines après la diffusion d’un autre spin-off – Marshals : A Yellowstone Story – centré sur un personnage phare de la saga, cette nouvelle production s’intéresse cette fois au destin de l’emblématique duo formé par Beth Dutton et Rip Wheeler (respectivement interprétés par Kelly Reilly et Cole Hauser).
Alors que Beth et Rip tentent de construire un avenir ensemble loin des fantômes de Yellowstone, ils se retrouvent confrontés à une réalité brutale et à un ranch rival prêt à tout pour protéger son empire. Dans le sud du Texas, le sang parle plus fort que tout le reste, le pardon est rare, et survivre pourrait bien coûter son âme.
Spin-off de « Yellowstone » centré sur les personnages de Rip et Beth.

Contrairement à son homologue Marshals, qui évolue dans une formule policière redondante, ce nouveau spin-off reprend les codes de Yellowstone et s’affiche comme un autre western moderne. Étrangement familier à son aînée, Dutton Ranch n’est pourtant pas piloté par le célèbre créateur, qui demeure ici producteur. Chad Feehan, le showrunner, a tout de même piloté la série Lawmen – affiliée aux westerns de Sheridan – et a fait ses armes sur des séries telles que Ray Donovan ou Banshee.
Malgré quelques turbulences en coulisses qui ont précipité le départ de ce dernier, Dutton Ranch se dévoile dans une veine qui fait sens. En l’état, cette première saison conjugue pourtant quatre réalisateurs et une batterie de scénaristes pour donner chair aux neuf épisodes qui la composent. C’est néanmoins la réalisatrice et directrice de la photographie Christina Alexandra Voros (qui a récemment collaboré avec Sheridan sur The Madison) qui donne la direction à cette saison aux traits familiers et à la tonalité si reconnaissable.
Ce faisant, son renouvellement – qui se fera sous une autre direction – n’a rien de surprenant, sachant que ce spin-off a rencontré un succès monstrueux sur la plateforme. Cela en fait-il un indispensable immédiat pour autant ? Peut-être pas, mais les fans de la saga sont aux anges. Les autres prendront aisément du plaisir à découvrir cette extension.

Dutton Walker Texas Ranger Cowboy
Dès sa longue introduction, Dutton Ranch se pose comme le véritable successeur de Yellowstone, malgré des adieux douloureux aux terres sacrées du Montana. Si le retour du célèbre duo en tête d’affiche s’avère plaisant, tout comme celui des codes qui ont fait le succès de la saga américaine, cette nouvelle aventure parvient à trouver sa propre voie. Son homologue Marshals avait tenté de faire de même, mais avait pourtant échoué dans son exercice. C’est donc une bonne nouvelle pour ce nouveau spin-off relativement musclé.
En parallèle de The Madison, qui pose ses valises dans le majestueux État du Montana, Dutton Ranch se délocalise vers les terres arides du Texas. Un choix loin d’être anodin pour la production, déjà familière de ces paysages, mais aussi pour la continuité de son univers. En premier lieu, cela permet un renouvellement partiel de sa formule de western moderne, même si le fond, lui, demeure inchangé.

Ses têtes pensantes imaginent de nouvelles luttes internes dans un milieu où la survie des cowboys résonne avec un mode de fonctionnement typiquement américain. En plus de son environnement, la série casse une routine bien établie grâce à une palette de nouveaux interlocuteurs conséquents. L’occasion idéale de retrouver les caractères emblématiques de nos héros : l’esprit vif et combatif de Beth, ainsi que le tempérament mesuré et taciturne de Rip.
Hormis le retour de leur fils adoptif Carter (Finn Little), qui dispose enfin d’un traitement adéquat malgré un intérêt toujours modéré, la série introduit quelques profils de choix pour leur tenir tête, qu’ils soient alliés ou détracteurs. Parmi eux, quelques noms prestigieux attirent immédiatement l’attention.

Montana, Texas… même combat
Outre Jai Courtney, qui interprète un antagoniste aussi irascible que balisé (mais qui s’avère heureusement plutôt absent durant la première moitié de la saison), ce sont surtout les présences des vétérans Ed Harris et Annette Bening qui méritent que l’on s’y attarde. D’autant que l’intrigue leur offre une visibilité non négligeable, notamment à travers le personnage de Beulah, ambitieuse et puissante femme d’affaires qui n’est pas sans rappeler Beth.
Au-delà de ces profils bien écrits, le casting récurrent se complète de quatre personnages, dont un fils adoptif floué (Juan Pablo Raba), une jeune femme sulfureuse au caractère bien affirmé (Natalie Alyn Lind) ainsi que deux cowboys fidèles (J.R. Villarreal et Marc Menchaca). Une distribution somme toute classique, mais diablement efficace dans son utilisation.

Concernant son intrigue, ce western de notre temps aligne les drames avec une efficacité relative. D’autant plus dans un format jamais excessif, les épisodes dépassant rarement les cinquante minutes. Ce rythme bien calibré possède néanmoins quelques limites. Ironiquement, c’est cette ressemblance frappante avec la série mère qui parasite quelque peu l’ensemble. Là où d’autres productions de l’écurie Sheridan sont parvenues à s’émanciper.
The Madison, par exemple, avec le genre du mélodrame ; Lioness (de retour cet été), dans le registre de l’action ; ou encore Marshals, dans celui du policier, aussi raté soit-il. Voilà sans doute la principale limite de Dutton Ranch, qui aurait mérité une identité plus affirmée au regard de ses qualités indéniables.

Conclusion
À terme, sa première saison s’achève sur un final musclé d’une heure, et qui n’hésite pas à laisser son téléspectateur en plein suspense. Encore une fois, Dutton Ranch s’avère efficace et le résultat saura convaincre. Si, à mes yeux, cette nouvelle production manque de véritable mordant, elle pourrait s’installer progressivement dans le paysage sériel de la plateforme si elle garde une direction claire. Affaire à suivre en saison prochaine.
EN DEUX MOTS : Efficace quasiment de bout en bout, Dutton Ranch réussit son pari en prolongeant l’héritage de Yellowstone sans jamais le trahir. Si cette première saison manque encore de personnalité pour réellement marquer les esprits, elle pose des bases suffisamment solides pour espérer une montée en puissance. Un bon spin-off, qui n’attend désormais qu’une chose : trouver sa propre identité.
MA NOTE : 14.5/20

✅ Points forts
- Le retour réussi de Beth Dutton et Rip Wheeler.
- Une continuité fidèle à l’esprit de Yellowstone.
- Une réalisation soignée, notamment grâce au travail de Christina Alexandra Voros.
- Les décors texans qui renouvellent partiellement l’univers.
- Une galerie de nouveaux personnages convaincante.
- Un rythme maîtrisé avec des épisodes efficaces.
- Un final solide et riche en suspense.
- Une saison agréable qui satisfera les amateurs de la franchise.
❌ Points faibles
- Une identité encore trop proche de Yellowstone.
- Un manque de véritable prise de risque.
- Une intrigue parfois trop familière.
- Un antagoniste (Jai Courtney) assez convenu.
- Une efficacité qui ne se transforme pas toujours en véritable émotion ou surprise.
- Un manque de mordant et de personnalité propre par rapport aux autres séries de l’univers de Taylor Sheridan.
Les crédits
CRÉATEUR : Chad Feehan
AVEC : Kelly Reilly & Cole Hauser, Finn Litlle, Juan Pablo Raba, Jai Courtney, Natalie Alyn Lind, J.R. Villarreal, Marc Menchaca,
avec Ed Harris, et Annette Bening, mais aussi : Berto Colon, Josh Stewart, Sterlin English, James Eddie, Ray McKinnon, Raoul Max Trujillo (…)
ÉPISODES : 9 / (Durée moyenne : 45mn) / DIFFUSION : 2026 / CHAÎNE : Paramount+