
Depuis 2022, FROM mêle horreur et mystère dans une formule perfectible, en dents de scie, mais au lore suffisamment opulent pour convaincre. Ce véritable outsider du petit écran s’est ainsi forgé une petite réputation qui aurait pu l’aider à enrichir cette même formule et, enfin, embrasser son plein potentiel. Avec de nouvelles pistes excitantes, une absence des écrans un peu plus prononcée et un épisode de reprise assez solide, l’espoir était permis. Hélas, et très (très) vite, cette quatrième saison poursuit son aventure de manière mécanique.
Alors certes, la série dispose des mêmes atouts que ses prédécesseuses, à l’instar de quelques élans gore parfaitement réussis et d’une mythologie intrigante. Seulement, après 40 épisodes qui traînent souvent en longueur et avec une fin annoncée au terme d’une cinquième saison à venir, difficile d’être pleinement rassasié compte tenu de ses nombreuses errances. Malgré tout, difficile de bouder pleinement ce drame horrifique toujours aussi intrigant.
Plus les habitants de la ville se rapprochent des réponses qu’ils recherchent, plus leur quête devient terrifiante. Qui est l’homme en Jaune et que veut-il ? Les révélations de Jade et Tabitha seront-elles la clé pour enfin rentrer chez eux ? Combien de temps encore Boyd pourra-t-il maintenir la cohésion de la ville, alors même que son corps et son esprit tombent en lambeaux ? Et quel rôle jouera le dernier arrivant en ville dans les événements à venir ? La saison 4 ouvrira des portes que certains, en ville, finiront par regretter d’avoir vu s’entrouvrir.
Sa saison précédente s’achevait astucieusement sur la mort de Jim (Eion Bailey), le sympathique père de famille, tandis que son histoire laissait présager quelques élans fantastiques plutôt prometteurs pour la suite. En reprenant, et surtout en perdurant, exactement là où elle s’arrêtait, cette nouvelle aventure fait tout de même preuve d’une énième limite d’exploitation. En avançant de manière aussi linéaire, FROM semble se restreindre malgré ses incartades en dehors du réel.
Toujours est-il que cette saison 4 débute sous des auspices encourageants, pourtant simples : ceux d’un loup dans la bergerie. En plaçant un mystérieux antagoniste métamorphe au sein de sa communauté sous des traits innocents (Julia Doyle, seule nouvelle venue créditée parmi les rôles récurrents), FROM use d’un outil délectable à sa disposition. Sur le papier seulement, car dans sa finalité, cette nouvelle saison tâtonne et ne fait qu’effleurer son potentiel.
Un épouvantail qui ne fait plus si peur
Avec 10 nouveaux épisodes dépassant généralement les 50 minutes, le show accuse de nouvelles longueurs, c’est certain. Son trop-plein de personnages le prouve, notamment dans leurs parcours distincts, laborieux pour la plupart, malgré quelques profils jamais détestables. Harold Perrineau confirme tout de même, à ce stade, sa position de tête d’affiche solide tant son personnage est submergé par les dilemmes moraux et que les habitants semblent impuissants face aux entités maléfiques.
FROM tire son succès et son sens du suspense grâce à quelques visions horrifiques tenaces. Surtout lorsqu’elles changent de visage, une première inédite pour la série. Son montage final est d’autant plus dommageable que ses créatures sont proprement terrifiantes et réussies, mais finalement trop rares à l’écran. De façon mécanique, cette saison se compose de longs ventres mous, ponctués de montées en tension peu fréquentes qui retombent aussitôt, malgré leur efficacité.
Heureusement, c’est par le biais d’une mythologie toujours aussi riche que le show parvient à maintenir l’attention. Notamment lorsqu’elle pousse le téléspectateur, pour peu qu’il soit attentif, à s’interroger sur ses nombreuses questions récurrentes, dont certaines particulièrement macabres. Pourtant, dans sa dynamique, l’une des principales faiblesses de FROM réside dans ses prises de conscience omniprésentes. C’est bien simple : à chaque situation ou éventualité, un résident trouve son contradicteur, confinant chaque problématique à un nouveau lot de tribulations.
Hélas, dans une formule farouchement identique au fil des années, la série horrifique joue autant avec nos nerfs qu’elle s’avère répétitive. Arrivée au seuil de son ultime aventure, cette impression déçoit. C’est pourquoi, au cours de sa diffusion, on en vient à tout miser sur son final. Celui-ci conjugue à nouveau ce qui fait le sel de la saga — morts sanglantes, lore peaufiné… — mais demeure bien trop sage dans sa finalité.
Conclusion
La route s’avère longue avant d’atteindre une situation de chaos susceptible de véritablement bousculer le téléspectateur. Dans ce contexte, son dernier épisode, pourtant réussi dans l’ensemble, ne s’impose jamais comme un véritable season finale. La raison est simple : malgré le carnage annoncé dès le début de la saison, FROM choisit une nouvelle fois de retenir ses coups. À ce stade de son histoire, ce manque d’audace finit inévitablement par frustrer.
Pour le reste, la production demeure une série de seconde zone qui ne brille jamais vraiment sur le plan technique, malgré des fulgurances horrifiques convaincantes. Son huis clos à ciel ouvert fait certes partie de son ADN, mais on regrette qu’elle n’exploite pas davantage les possibilités offertes par ses ouvertures fantastiques.
Pour sa dernière saison, on peut espérer que John Griffin, son créateur, et Jack Bender, son principal metteur en scène, sauront dynamiser ces ultimes tribulations. Au vu de la petite hype qui entoure désormais la série, il serait dommage qu’elle s’achève avec la même discrétion que celle qui avait accompagné ses débuts.
EN DEUX MOTS : Cette quatrième saison illustre parfaitement les qualités comme les limites de FROM. Toujours portée par une mythologie fascinante et quelques séquences horrifiques particulièrement réussies, la série continue néanmoins de s’enfermer dans une formule qui évolue trop peu. Entre ses longueurs, son rythme inégal et son refus d’exploiter pleinement ses idées les plus ambitieuses, elle laisse constamment l’impression de passer à côté de son véritable potentiel. Il ne reste plus qu’à espérer que son ultime saison saura enfin prendre les risques nécessaires pour offrir à cet univers singulier la conclusion qu’il mérite.
MA NOTE : 2.5/5

✅ Points forts
- Une mythologie toujours aussi riche et intrigante.
- Un lore suffisamment dense pour maintenir la curiosité.
- Quelques séquences gore particulièrement réussies.
- Des créatures toujours terrifiantes lorsqu’elles sont mises en scène.
- L’idée du métamorphe infiltré dans la communauté est excellente.
- Un premier épisode solide et prometteur.
- Harold Perrineau reste une excellente tête d’affiche.
- Un final un minimum sanglant
- L’ambiance horrifique demeure efficace par moments.
❌ Points faibles
- Une formule qui n’évolue quasiment pas vraiment depuis ses débuts.
- Beaucoup de petites longueurs et un rythme trop étiré.
- Des épisodes dépassant souvent les 50 minutes sans réelle justification.
- Un trop grand nombre de personnages, dont plusieurs parcours peinent à convaincre.
- Des créatures toujours trop peu présentes à l’écran.
- Les montées en tension sont trop rares et retombent rapidement.
- Une narration beaucoup trop linéaire.
- Les conflits entre personnages deviennent répétitifs et artificiels.
- L’exploitation des éléments fantastiques manquent de concret.
- Le final manque d’ampleur malgré les attentes.
- Une réalisation qui reste assez quelconque.
- La série exploite trop peu son univers en dehors de ses décors habituels.
Les crédits
CRÉATEUR : John Griffin
AVEC : Harold Perrineau, Catalina Sandino Moreno, David Alpay, Elizabeth Saunders, Ricky He, Scott McCord, Chloe Van Landschoot, Robert Joy,
Avery Conrad, Pegah Ghafoori, Hannah Cheramy, Corteon Moore, Kaelen Ohm, Simon Webster, Julia Doyle, A.J. Simmons,
Nathan D. Simmons, Samantha Brown, mais aussi : Eion Bailey, Angela Moore, Shaun Majumder, Douglas E. Hughes (…)
ÉPISODES : 10 (Durée moyenne : 52mn) / DIFFUSION : 2026 / CHAÎNE : MGM+