CITADEL – saison 1

EN DEUX MOTS : Dans la guerre du streaming actuelle, les plateformes se montrent de plus en plus offensives. Et notamment ambitieuse en déployant stars et gros sous sans concessions. Après la déception THE RINGS OF POWER l’année dernière, Amazon dévoile ainsi un nouveau blockbuster pour ce printemps 2023. Et pas des moindres puisqu’avec CITADEL le géant américain met sur le devant de la scène la seconde série la plus chère de l’histoire…

Estampillé par le duo des « frères Russo », responsables entre autres des deux derniers Avengers, cette première saison avoisine ainsi les 240 millions de dollars de budget. N’étant « que » producteurs exécutifs, la manœuvre a pour but principal de faire vendre.

Toutefois, les deux réalisateurs semblent ici donner la réponse d’une version de leur propre saga James Bond. Une bien belle ambition, qu’on ressent dans la première grande scène du show qui nous plonge dans un monde d’action. Oui, mais avec quel résultat à la clé ?

Il y a huit ans, Citadel tombait. L’agence d’espionnage internationale et indépendante – chargée de maintenir la sûreté et la sécurité de tous – a été détruite par des agents de Manticore, un puissant syndicat tirant les ficelles dans l’ombre. Avec la chute de Citadel, les agents d’élite Mason Kane et Nadia Sinh ont vu leurs souvenirs effacés alors qu’ils s’échappaient de justesse. Ils vivent depuis sous de nouvelles identités, en ignorant leur passé. Jusqu’à une nuit, lorsque Mason est retrouvé par son ancien collègue de Citadel, Bernard Orlick, qui a désespérément besoin de son aide pour empêcher Manticore d’établir un Nouvel ordre mondial. Mason retrouve son ancienne partenaire, Nadia, et les deux espions se lancent dans une mission qui les emmène à travers le monde dans le but de stopper les agissements de Manticore.

Allociné

DEMAIN NE MEURS JAMAIS. LES BONNES IDÉES, OUI

Avec deux épisodes dévoilés au moment de sa sortie, CITADEL divise, à raison. Sous une enveloppe absolument époustouflante, qui use (tout d’abord) à bon escient de son budget, la série manque néanmoins d’originalité. Et ceux dès son commencement, pour un grand divertissement sans réflexion. C’est exactement ce qui définit cette série de seulement 4 heures, divisés en 6 épisodes, qui se veut bien plus maligne qu’elle ne l’est réellement.

Car oui, en voulant délivrer un rythme de blockbuster qui multiplie les unités de lieu et de temps, CITADEL met un pansement sur une plaie béante. Un constat qui s’applique dès son troisième épisode avec une seconde grosse scène d’action bourré d’effets spéciaux. Contrairement à son pilote qui dispose de quelques effets de verticalité intéressante, cette suite enchaîne les pyrotechnies et les CGI grossiers et laids. Sous un aspect kitsch et ringard, ce divertissement d’action montre toutes ses limites dans une démonstration embarrassante coupée avec précipitation.

Hélas, ce manque d’originalité ne s’applique pas uniquement à son visuel, mais aussi (et surtout), à son scénario. Dans une volonté d’appliquer des rebondissements étourdissant à chaque épisode, la série tente d’enchaîner twists, révélations et mystères via ses flashbacks et son intrigue au présent. Pour un résultat très peu convaincant, notamment sur la durée.

Principalement car sa formule ne s’avère pas bien originale et se soustrait à toute prise de risque. Il suffit de voir la dynamique de son duo entre perte de mémoire et alchimie charnelle. C’est également par cet effet de déjà vu que CITADEL se prend les pieds dans le tapis. Action, espionnage, conspirations et trahisons, pour une intrigue finalement assez étriquée. Au milieu de ça, son duo dynamique et plein de charme sauve à peine les meubles.

DES ESPIONS À PEINE CROYABLE

Richard Madden continue sur sa lancée après un virage réussi de la peau d’un héros charismatique. Comme on a pu le découvrir dans Bodyguard ou Les Éternels. Cependant, son alias d’ancien agent irrévérencieux comparé à son nouveau profil d’amnésique plus sensible fait littéralement sourciller. Face à lui, l’indienne Priyanka Chopra Jonas, connue par Quantico, délivre une prestation avec plus de charme. Cela malgré son numéro de femme fatale sexy stéréotypé au possible.

De façon récurrente, le casting s’entoure d’un nombre de personnages davantage adéquats à un film. Chose qui ne surprend pas compte tenu de la faible durée de cette première saison. En guest de choix, Stanley Tucci fait le job avec aisance dans un profil de vieux briscard rusé et à la repartie cinglante. Personnellement, le charme british de Lesley Manville en « grande » méchante m’a davantage émoustillé. Néanmoins, malgré tout ça, les personnages demeurent enfermés dans un voyage narratif déjà tout tracé.

À mesure que la saison défile sous nos yeux et sous un montage réglé comme papier à musique, CITADEL ennuie, presque autant qu’elle divertit. C’est bien simple, la moitié de ses protagonistes sont statiques, ce qui prouve une chose : l’intrigue n’avance guère. Ou nulle part. En revanche, son défilement hebdomadaire (ou binge-watching pour les moins patients) se consomme en deux coups de louche. Ce qui nous amène très vite à son final et à son immense scène sur un sous-marin largement teasé sur ses affiches.

Hélas pour un résultat expédié et sans charme. À l’image de ses révélations finales. Une fois le comptage effectué, les scènes d’actions qui composent cette première saison se révèlent finalement mineures en nombre. Et clairement bien mieux exécutés avec des armes à feu ou au corps-à-corps que durant ses moments Bondien et large. Dommage.

CONCLUSION

La team Russo /Amazon prouve aujourd’hui que le pognon n’est pas toujours roi et que le talent prévaut sur l’envie monétaire. Toujours est-il qu’avec une volonté de s’étendre pour conquérir le monde, plusieurs spin-offs sont en préparation sur la plateforme. Spin-off qu’on espère bien plus audacieux (au minimum) pour convaincre.


Les + :

  • Avec les moyens alloués, difficile de ne pas trouver la série divertissante
  • Quelques acteurs aux charmes imputables
  • La plupart des scènes d’actions bien exécutées

Les – :

  • Une histoire et des effets ringards au possible
  • Des personnages stéréotypés
  • Une multitude de twists broyés dans un montage inconsistant entre passé et présent
  • Malgré son budget absurde des scènes d’actions vite balayé et un univers d’espionnage kitsch et sans charme

MA NOTE : 11.5/20

CRÉATEUR(s) : David Weil, Josh Appelbaum, Bryan Oh

AVEC : Richard Madden, Priyanka Chopra Jonas, Ashleigh Cummings, Osy Ikhile, Roland Møller, Nikki Amuka-Bird, avec Lesley Manville, et Stanley Tucci (…)

ÉPISODES : 6 / Durée : 40mn / DIFFUSION : 2023

GENRE : Thriller, Action, Science-fiction / CHAÎNE : Amazon

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