Festival du cinéma américain de DEAUVILLE – 2026 (52e édition) : Les films en compétition

Dans le cadre de la 52e édition du Festival du cinéma Américain de Deauville, voici un petit récap des films de la compétition que j’ai pu découvrir lors de l’événement. En soi, 11 films sur les 13 présentés.

Queen at Sea

de Lance Hammer

Aman­da et son beau-père sont confron­tés à un dilemme moral qui les divise. Atteinte de démence avan­cée, la mère d’Amanda est-elle encore capable de prendre seule des déci­sions éclai­rées ? Et si ce n’est plus le cas, qui doit déci­der à sa place : un conjoint, un enfant ou une ins­ti­tu­tion ? À mesure qu’ils font face à des choix de plus en plus dif­fi­ciles, les consé­quences de leurs actes leur échappent peu à peu.

EN DEUX MOTS : Probablement le film le moins américain de la sélection, mais pour autant, ce premier long-métrage découvert au festival et deuxième film largement mûri par le cinéaste s’impose comme un drame fort qui traite de la démence avec un pragmatisme indéniable. Néanmoins, par le biais de son montage de deux heures et d’une distribution restreinte, Lance Hammer se disperse un peu vers différents sous-thèmes et perd en dynamique émotionnelle, malgré de belles interprétations.

MA NOTE : 3/5


If I Go Will They Miss Me

de Walter Thompson-Hernandez

(Prix du jury – ex-aequo)

EN DEUX MOTS : Entre récit initiatique, drame familial et conte onirique, ce deuxième film dispose d’une poésie indéniable, de quelques moments de grâce poignants et d’un sens de la mise en scène assez inspiré, malgré la courte carrière de son réalisateur. Un merveilleux mélange qui en fait une fable poétique inspirée, autant ancrée dans le réel que dans l’imaginaire.

MA NOTE : 4/5


Here I’m Alive

de Joshua Z. Weinstein

EN DEUX MOTS : Malgré son énergie et sa véracité sans filtre sur plusieurs marginaux new-yorkais de la génération TikTok, ce court film d’1h20 échoue dans son exercice de témoignage d’un monde bercé par les apparences. Si son casting sauvage apporte une belle authenticité, le film ne parvient pas à capter l’effervescence d’une nuit sans répit, bien au contraire.

MA NOTE : 2.5/5


A Prayer for the Dying

de Dara Van Dusen

Au len­de­main de la guerre de Séces­sion dans le Wis­con­sin, Jacob Han­sen, vété­ran, entre­tient l’espoir d’une nou­velle vie dans la bour­gade de Friend­ship. Mais une épi­dé­mie sème sou­dai­ne­ment le chaos et trans­forme l’espoir en cau­che­mar. Jacob, à la fois shé­rif, croque-mort et pas­teur de la ville, doit se battre pour sau­ver la com­mu­nau­té, sa famille et son âme.

EN DEUX MOTS : Ce faux western cauchemardesque s’inscrit presque comme le vilain petit canard de la sélection. En glissant peu à peu vers un cauchemar éveillé, jusqu’à devenir complètement fantasmé, la réalisatrice multiplie les ambitions, mais se perd un peu dans son extrémisme sensoriel. Pour autant, elle fait preuve d’une mise en scène inspirée et d’une ambiguïté latente qui font mouche, malgré un casting finalement restreint en lumière.

MA NOTE : 3/5


I’ll be Gone in June

de Katharina Rivilis

Une étu­diante alle­mande débarque dans le désert du Nou­veau-Mexique pour une année d’échange. Elle pen­sait trou­ver l’Amérique de ses rêves. À la place, elle découvre un pays inquiet, un amour fra­gile et cette véri­té que chaque géné­ra­tion finit par ren­con­trer : le monde que l’on nous pro­met n’est jamais celui qu’on trouve.

EN DEUX MOTS : En se démarquant par son point de vue extérieur, au cœur d’une Amérique fragilisée post-11 septembre, ce drame avait de beaux atouts pour convaincre. Hélas, ce récit initiatique de 2 heures ne révèle aucune fulgurance majeure dans son parcours, ni sensorielle ni visuelle, et finit par subir son montage longuet. Une de mes rares déceptions de la sélection.

MA NOTE : 2/5


The Liberation of Rita Cooper

de Guy Nattiv

Années 80, New Jer­sey. Mal­me­née par un quo­ti­dien épui­sant et un pas­sé trau­ma­tique, Rita découvre enfin la séré­ni­té en ren­con­trant la fas­ci­nante Ricky, à la tête d’une com­mu­nau­té de femmes. Gui­dée par leurs croyances sec­taires, Rita se laisse dou­ce­ment séduire. Mais lorsque ses deux filles tentent de la rai­son­ner, Rita doit choi­sir entre sa liber­té retrou­vée et la vie qu’elle a lais­sée der­rière elle.

EN DEUX MOTS : Dans sa forme, The Liberation (de son titre original) s’inscrit assurément comme le film à la forme la plus solide de cette compétition. Ce 7e film pour son réalisateur, à la distribution conséquente, dispose d’un sujet personnel en or massif et impose une rigueur indéniable dans son portrait féminin hors norme. Et pourtant, subsistent quelques zones d’ombre qui l’empêchent d’atteindre un niveau de dramaturgie supplémentaire. Dommage.

MA NOTE : 3.5/5


Company

de Casey Affleck

Par une nuit d’hiver, une mys­té­rieuse voya­geuse conte une his­toire qui tra­verse les géné­ra­tions et unit les des­tins de trois âmes meur­tries, déchi­rées entre le désir de ven­geance et le pardon.

EN DEUX MOTS : Imparfait dans sa globalité et sur bien des aspects — comme son tempo, malgré sa courte durée —, le 3e film de Casey Affleck m’a tout de même séduit dans sa faculté à raconter des histoires dans les histoires. À la fois poétique et réaliste dans ses illusions perdues, et grâce à une distribution absolument délectable et variée — mention à ses trois portraits féminins mystérieux —, Company se révèle comme mon petit plaisir coupable indépendant de la sélection.

MA NOTE : 3.5/5


Party U.S.A

de Jared Sprouse

Après la mort de son père, Tay­lor, employée dans une bou­tique d’ar­ticles de fêtes, n’ar­rive pas à trou­ver quel­qu’un pour la rem­pla­cer à son poste. Elle com­met alors une erreur fatale qui enclenche une spi­rale infer­nale et sème le chaos au sein de ce petit monde du tra­vail aux cou­leurs du dra­peau américain.

EN DEUX MOTS : Comédie satirique non dénuée d’un sens du drame via son portrait d’une Amérique défaillante, ce 1er film souffre tout de même de ses moyens restreints et d’un tempo comique qui s’estompe inexorablement en cours de route. D’autant qu’il n’embrasse pas totalement la bouffonnerie, malgré quelques moments très drôles. Demeure une véritable révélation en son centre, derrière le visage angélique d’Ainsley Seiger, ainsi que différentes influences très prometteuses pour son jeune réalisateur, qui rappelle la fougue d’Edgar Wright à ses débuts.

MA NOTE : 3/5


Club Kid

de Jordan Firstman

(Grand Prix & Prix du public)

Peter, un orga­ni­sa­teur de soi­rées bran­chées à New York au mode de vie aus­si effré­né qu’in­sou­ciant, voit son exis­tence bou­le­ver­sée lors­qu’Ar­lo, le fils de 10 ans dont il igno­rait l’exis­tence, frappe un jour à sa porte. Dépas­sé par ce rôle de père qu’il n’a­vait jamais envi­sa­gé, mais rapi­de­ment conquis par le charme et la spon­ta­néi­té du gar­çon, Peter tisse peu à peu avec lui un lien aus­si inat­ten­du que pro­fond. À son contact, il découvre qu’il pour­rait enfin exis­ter une vie au-delà de la pro­chaine fête.

EN DEUX MOTS : Pour son premier film, le prodige de la nouvelle génération queer dévoile une maturité saisissante dans son cinéma, via son portrait d’un homosexuel fêtard pris dans une forme de responsabilité soudaine. Sur tous les fronts, son réalisateur parvient à capter aussi bien son environnement urbain que les profils qui le composent, non sans pragmatisme et avec un humour naturel ravageur. Si sa finalité n’est pas totalement poignante, car attendue, Club Kid demeure une vraie réussite. Dommage que son interprète principal, metteur en scène et scénariste — Jordan Firstman — n’ait pas fait le déplacement jusqu’à Deauville.

MA NOTE : 4.5/5


Méli-Mélo (Tangles)

(Prix du jury – ex-aequo & Prix de la critique)

de Leah Nelson

San Fran­cis­co, années 90. Sarah a une vie bien à elle. Mais quand sa mère com­mence à perdre la mémoire, elle revient dans la mai­son de son enfance.

EN DEUX MOTS : Malgré son format d’animation un peu à part du reste de la programmation, Tangles (de son titre original) s’inscrit comme un petit miracle en son genre. Son animation lui permet justement une liberté d’expression très fluide, imagée et nostalgique à la fois, tandis que ce drame rempli d’humour aborde avec légèreté et mélancolie la question de la maladie mentale. Et non sans un autre portrait queer d’une belle maturité. Une autre belle surprise de cette compétition.

MA NOTE : 4/5


Mouse

de Kelly O’Sullivan & Alex Thompson

(Prix de la révélation)

Insé­pa­rables depuis l’en­fance, Cal­lie et Min­nie pro­fitent de l’é­té avant d’en­ta­mer leur der­nière année de lycée. Mais un drame inat­ten­du vient bou­le­ver­ser leur des­tin et pousse Min­nie à se rap­pro­cher de la mère de Callie.

EN DEUX MOTS : Décidément très inscrit dans le début des années 2000 — ce fut mon dernier film de la compétition découvert —, ce film trouve une place de choix dans la sélection. Malgré sa forme stoïque de drame de 2 heures, Mouse aborde astucieusement la question du deuil via différentes facettes et des personnages féminins complémentaires. Son duo à la réalisation apporte également une authenticité appréciable dans sa mise en œuvre, largement appuyée par son grain d’image naturel.

MA NOTE : 3.5/5

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