Festival du cinéma américain de DEAUVILLE – 2026 (52e édition) : Les films en premières

Dans le cadre de la 52e édition du Festival du cinéma Américain de Deauville, voici un petit récap des films hors compétitions présentés en premières et que j’ai pu découvrir lors de l’événement.


Les contrebandiers (The Weight)

de Padraic Mckinley

Oregon, 1933. Après la mort de sa femme, Samuel Murphy est arraché à sa fille et envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsqu’un surveillant sans scrupule lui promet la liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa seule chance de rentrer chez lui. Il s’embarque alors dans une expédition de tous les dangers, au cœur d’une nature hostile, où les trahisons se multiplient. Jusqu’où Murphy sera-t-il prêt à aller pour revoir sa fille ?

EN DEUX MOTS : Film d’ouverture du festival, cette avant-première coche toutes les cases d’une production plus affirmée, même si elle reste ancrée dans le moule du ciné indé américain. D’une relative efficacité, mené par un Ethan Hawke guttural et secondé par une distribution qui parvient à exister à ses côtés, le film prévaut pour son environnement naturel imposant et quelques bons effets de genre qui fonctionnent à l’écran. Dommage que le scénario ne suive pas cet engouement, comme sa fin mièvre le démontre si bien.

MA NOTE : 3/5


Pressure

de Anthony Maras

Trois jours avant le Jour J, une seule décision peut changer le cours de l’Histoire. Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, une violente tempête menace de faire échouer l’opération. Le général Eisenhower et le capitaine James Stagg, météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre.

PRESSURE, l’histoire vraie d’un compte à rebours sous haute tension.

EN DEUX MOTS : Présenté très peu de temps dans les salles françaises, mais dans le cadre de l’hommage rendu au très sympathique Brendan Fraser, Pressure se révèle comme une nouvelle œuvre de cinéma qui relate une histoire dans l’histoire. Une facette unique et peu commune d’un conflit gargantuesque, mais à taille humaine, qui brille par son efficacité et sa belle distribution. Néanmoins, cette fable historique se révèle aussi assez sage dans sa finalité, la rendant bien appréciable, mais quelque peu oubliable.

MA NOTE : 3/5


+ en bonus : La Momie

de Stephen Sommers

Longtemps avant la naissance du Christ, pour avoir osé défier le pharaon en lui ravissant sa jeune maîtresse, le grand prêtre de Thèbes, Imhotep, est momifié vivant et enseveli dans une crypte secrète d’Hamunaptra, la cité des morts. Du fond de son sarcophage, le grand prêtre jure de se venger du genre humain. En 1923, un aventurier américain, Rick O’Connell, découvre fortuitement les ruines d’Hamunaptra que des générations d’égyptologues recherchaient en vain. Il met dans le secret une jeune égyptologue et son frère et tous trois partent à la recherche du trésor des pharaons.

EN DEUX MOTS : Parmi les classiques des années 90 qui ont marqué le début de carrière florissant de Brendan Fraser, le premier opus de La Momie se trouve être l’un des plus mémorables. Kitsch, un peu ringard et macho, ainsi que bourré de défauts typiques de ce genre de blockbuster, ce film d’aventures n’en demeure pas moins un grand voyage en terre égyptienne à l’efficacité redoutable. Notamment par son mélange d’aventure excitante, d’humour salvateur et d’horreur grandiloquente. Un plaisir coupable/classique.

MA NOTE : 4/5


Her Private Hell

de Nicolas Winding Refn

Alors qu’une étrange brume englou­tit une métro­pole futu­riste et libère une pré­sence mor­telle insai­sis­sable, une jeune femme trou­blée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son des­tin croise celui d’un GI amé­ri­cain enga­gé dans un voyage déses­pé­ré pour arra­cher sa fille de l’Enfer.

EN DEUX MOTS : 10 ans après son dernier long-métrage, et après deux séries réalisées pour les géants du streaming — Amazon et Netflix — le cinéaste iconoclaste et égocentrique NWR continue son exploration d’un cinéma artistique à la forme alambiquée. Sauf qu’au-delà de sa structure désordonnée et de son esprit art’ toujours très métaphorique, le réalisateur danois révèle une vision biaisée par son propre ego de sa quête existentielle, qui demeure vaine et tiède lorsqu’il mélange inlassablement sexe, violence et couleurs vives sous néon. Une caricature de son propre cinéma, pourtant si inspirant autrefois, à la fois pauvre, confus, sans force et désincarné. Notamment sous une ambiance S.F. hideuse et à la plastique ringarde. Définitivement en enfer.

MA NOTE : 1/5


The Last Day

de Rachel Rose

Un jour de fête natio­nale à New York, les tra­jec­toires de deux femmes en quête d’elles-mêmes se croisent briè­ve­ment : Julia, une écri­vaine qui pré­pare une impor­tante récep­tion, et Tay­lor, une jeune mère de trois enfants qui tente tant bien que mal de gar­der la tête hors de l’eau.

EN DEUX MOTS : pour son premier film, l’artiste renommée Rachel Rose se livre à la fable féministe dans sa propre adaptation de Virginia Woolf, via le portrait de deux femmes dont le destin s’effleure jusqu’à rentrer en collision. Sauf qu’au lieu de pleinement se percuter, ce drame semble lui aussi survoler son sujet plutôt que de l’embrasser avec passion ou délicatesse. A l’arrivée le désespoir des deux femmes s’applique à l’audience qui subit un montage interminable.

MA NOTE : 1.5/5


Butterfly Jam

de Kantemir Balagov

Dans le New Jersey, un adolescent de 16 ans surnommé « Pyteh » partage son temps entre les tapis de lutte et le petit restaurant tcherkesse de sa famille, au bord de la faillite. Mais une décision impulsive de son père, éternel opportuniste, vient bouleverser sa trajectoire — façonnant peu à peu un récit de fierté, d’héritage et de masculinité.

EN DEUX MOTS : Pour son premier film en langue anglaise, le réalisateur tchétchène ne renie pas ses origines, bien au contraire, et transpose un simili récit initiatique au sein d’une famille d’immigrés dysfonctionnelle, mais affreusement attachante, au cœur du New Jersey. Imparfait sur la longueur, son film se révèle toutefois traversé par une énergie débordante et sauvage, dans laquelle brillent Barry Keoghan, Riley Keough ou encore Harry Melling. Une belle surprise.

MA NOTE : 3.5/5


Mother Mary

de David Lowery

À la veille de son grand retour sur scène, l’i­cône de la pop Mother Mary retrouve Sam Anselm, son ancienne cos­tu­mière et amie de longue date dont elle s’est éloi­gnée. De vieilles bles­sures refont alors surface…

EN DEUX MOTS : L’intimiste David Lowery continue de surprendre par ses choix de réalisation, comme il le démontre aujourd’hui avec ce drame musical aussi envoûtant que lancinant. Loin des podiums, de la scène et de l’effervescence du public, le cinéaste prend un contrepied intéressant via une vision intimiste de son histoire, en quasi huis clos, dans un face-à-face éprouvant mais riche en interactions. À la fois poétique, gothique, inspiré et déstabilisant dans son aspect fantastique volontairement métaphorique, le film jouit néanmoins d’une plastique de rêve et de deux interprétations haut de gamme. Difficile également de ne pas faire mention de sa superbe bande originale, qui donne vie à son sujet entre les silences.

MA NOTE : 3.5/5


Bunker

de Florian Zeller

Un archi­tecte de renom se voit pro­po­ser de conce­voir, dans le plus grand secret, un bun­ker de sur­vie pour un mil­liar­daire convain­cu que la fin du monde est proche. Tan­dis qu’il se laisse séduire par ce pro­jet mora­le­ment ambi­gu, son épouse com­mence à remettre en ques­tion leur mariage. Après 17 ans de vie com­mune, ont-ils encore les mêmes valeurs ? Les mêmes aspi­ra­tions ? Les mêmes rêves ?

EN DEUX MOTS : Le nouveau film de Florian Zeller, qui avait déjà fait sensation avec ses deux drames précédents, livre une nouvelle fable existentielle avec Bunker. Il compose avec les peurs et les doutes d’un couple endurci — à la ville comme à l’écran — (Javier Bardem & Penélope Cruz, tous deux excellents), avec une austérité clinique qui se marie à merveille avec l’individualité de notre époque fragile. Malgré quelques lourdeurs et peu de surprises, subsiste un message percutant sur l’individu en tant que tel.

MA NOTE : 3.5/5


Victorian Psycho

de Zachary Wigon

1858, une jeune gouvernante excentrique nommée Winifred Notty arrive au manoir gothique  » Ensor House « . Winifred est chargée d’enseigner aux enfants les bonnes manières à table et de leur faire connaître l’histoire de leur famille, tout en cachant ses tendances psychopathiques…

EN DEUX MOTS : Histoire de clôturer une solide compétition et quelques avant-premières plus mièvres, Victorian Psycho semblait s’inscrire comme le défouloir macabre idéal. Malgré un casting loin d’être désagréable et une ambiance victorienne forcément appréciable, cette cousine d’American Psycho échoue totalement à nous convaincre dans son exercice de genre, qui allie folie passagère, humour décadent et conte gothique sanglant. Un raté grotesque, surjoué et ennuyeux.

MA NOTE : 1/5

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