MON TOP 10 – FILMS 2025

BILAN : En parallèle d’une année séries non sans déceptions (et quelques éclats, naturellement), et si la fréquentation en salles s’est globalement tarie, 2025 fut une riche année pour les amateurs du grand écran. Et de grand spectacle. Mais pas que, puisque le géant du streaming Netflix (en passe d’englober Warner… ?) a su également livrer quelques pépites destinées à la télévision.

Cela ne corrige pas le tir d’un catalogue au ratio contenu/qualité toujours dans les choux, mais ça confirme une certaine ambition de laisser carte blanche à quelques cinéastes inspirés.

2025 marque aussi une année dominée par les films de genre, tel que celui de l’épouvante-horreur ou les récits à suspense. Pour preuve, mon coup de cœur fait partie intégrante de cette catégorie, où le maître du suspense Stephen King a enfin eu droit à plusieurs adaptations de choix cette année. Un autre ratio qui laisse souvent à désirer. Comme quoi, l’espoir subsiste toujours.

1er : Évanouis

Certainement l’une de mes plus grosses attentes de l’année, Évanouis (ou Weapons en v.o.) s’est avéré être le blockbuster le plus solide de l’été. Mais aussi de l’année. Avec son genre remanié et un montage astucieux qui superpose ses points de vue, le réalisateur précoce et virtuose Zack Cregger prouve tout son talent en seulement deux films. D’autant que son revisionnage est encore meilleur.

À la fois drôle, mouvementé, grotesque, inventif, tout en osant montrer l’horreur en plein jour, son film est dans tous les cas percutant. Sublimé par quelques prestations entraînantes (de Josh Brolin à la superbe Julia Garner jusqu’à l’inoubliable Amy Madigan, terrifiante), Évanouis prouve qu’on peut faire de l’épouvante contemporaine, américaine, dans un récit qui manie suspense et malice à merveille. Et sur plus de deux heures. Quand le sarcasme rencontre la brutalité, le résultat est assurément au rendez-vous.

MA NOTE : 17/20 / MA CRITIQUE : ICI

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2e : Train Dreams

La petite claque de l’année se trouve ici, à mes yeux. Discrète petite production prédestinée à éblouir les festivals, la seconde réalisation de Clint Bentley dispose d’une aura poétique comme on en voit trop peu au cinéma. À mi-chemin entre le cinéma de Terrence Malick et la fable dramatique fantasmée, Train Dreams reflète à merveille la poésie du roman qu’il adapte par quelques procédés simples mais maîtrisés.

En captant son regard sur un homme solitaire et usé — Joel Edgerton, bouleversant — ses grands espaces — les forêts de l’Ouest américain — la fin d’une époque, et sous une voix off hypnotique et parfaitement dosée, le film se révèle d’une beauté et d’une sincérité désarmantes. 90 minutes intimes qui conjuguent émotion et âpreté, et qui nous permettent d’affirmer qu’on a passé un moment hors du temps.

MA NOTE : 16.5/20 / MA CRITIQUE : ICI


3e (ex æquo) : A House of Dynamite

Le retour de la réalisatrice oscarisée Kathryn Bigelow était forcément un événement en soi. Surtout quand celle-ci renoue avec une intrigue de crise sous de faux aspects guerriers, qui rappellent forcément Démineurs et Zero Dark Thirty. En exploitant sa problématique en temps réel et sous différents points de vue, A House of Dynamite joue brillamment avec son suspense tout en laissant de nombreuses questions en suspens. La question n’étant pas pourquoi, mais comment ?

La réponse est glaçante, se fait en images et jouit d’une distribution en or massif. Malgré des présences fatalement restreintes, les visages rongés par le doute et la peur de Rebecca Ferguson, Jared Harris ou encore Idris Elba sont là pour nous convaincre. Une petite claque, intense, rapide mais durable.

MA NOTE : 16/20 / MA CRITIQUE : ICI


3e (ex æquo) : Valeur Sentimentale

À mes yeux, la Palme d’Or de 2025 se trouve au Nord. Avec sa distribution norvégienne, suédoise ou danoise, le réalisateur Joachim Trier compose un noyau familial d’une gravité sensible bouleversante. Valeur Sentimentale s’impose comme une œuvre d’auteur complète, humaine, traversée par son thème névralgique sur les blessures familiales mais aussi sur l’héritage inconscient.

Stellan Skarsgård et Renate Reinsve bouffent l’écran, et l’émotion jaillit de manière naturelle dans cette fable dramatique conséquente de 2h13. Sans contexte, un petit coup de cœur.

MA NOTE : 16/20 / MA CRITIQUE : ICI


5e : Une bataille après l’autre

Pour beaucoup de cinéastes, le dernier Paul Thomas Anderson est un chef-d’œuvre total. Auréolé d’une pléthore de critiques dithyrambiques, Une bataille après l’autre est bel et bien un grand film de cinéma. À mi-chemin entre la fable intime et familiale, le film d’action parano, et le western moderne, il permet encore à Leonardo DiCaprio de démontrer tout son talent sur grand écran.

Celui-ci est toutefois accompagné d’un casting féminin magnétique et de quelques guests comme on les a rarement vus (Sean Penn, impérial et toqué comme jamais). La mention la plus réussie du film demeure son mélange entre la fresque épique, politique et satirique, qui en font un spectacle grandeur nature comme on en voit rarement au cinéma.

MA NOTE : 16/20 / MA CRITIQUE : ICI


6e : Substitution – Bring Her Back

L’été fut riche en frissons, et cela s’explique surtout par le remaniement d’un genre éculé. C’est à nouveau un second film, d’une maturité rare, qui m’a scotché à mon siège. Avec Substitution, les frères Philippou impressionnent par leur mise en ambiance travaillée et une direction d’acteurs aux petits oignons.

En resserrant leur récit sur un quatuor saisissant, et surtout sous une direction intime bienvenue, les metteurs en scène australiens parviennent à exploiter leur aura d’épouvante de manière frontale et très efficace. La preuve : ses quelques incartades gore marquent largement la rétine et ne sont jamais gratuites.

MA NOTE : 15.5/20 / MA CRITIQUE : ICI


7e : F1 – le film

Si l’été fut la plus riche période de l’année côté blockbuster, l’ambitieux film d’Apple TV : F1 fut le précurseur en la matière. Et certainement l’un des meilleurs. La plateforme à la pomme s’offre les services de Joseph Kosinski après son immense succès sur TOP GUN: Maverick, qui s’offre lui-même le rare et charismatique Brad Pitt dans le rôle principal.

Il y incarne une star sur le retour dans un film de formule 1 tourné comme jamais et qui nous accroche au fauteuil durant plus de 2 heures 30. La réussite, même si elle manque de finesse, ne manque pas de spectacle et assure les sensations. Du plaisir à l’état pur.

MA NOTE : 15/20 / MA CRITIQUE : ICI


8e : Superman

Une page se tourne et une autre s’ouvre à nous en 2025 avec le studio iconique D.C. Après la mort du Snyders verse l’écurie concurrente de Marvel s’offre définitivement les services du très talentueux James Gunn qui ouvre un nouveau cycle héroïque avec l’éternel super-héros Superman. Fidèle à lui-même, le réalisateur et scénariste délivre un spectacle haut en couleur, en émotion et en humour, mais aussi en optimisme. C’est parfois surchargé, mais tellement généreux qu’on en redemande.

MA NOTE : 15/20 / MA CRITIQUE : ICI


9e : Steve

Pour débuter un automne très solide, Netflix montre patte blanche avec une production indé’ qui impose le respect. Le nouveau film du Belge Tim Mielants brille à nouveau par la présence habité de Cillian Murphy. L’acteur irlandais demeure la pièce centrale du film et la figure d’un système en détresse, sous un réalisme saisissant. Et malgré cette prestation habitée, la réussite de Steve tient aussi sur sa mise en scène inspirée, véritable atout qui reflète ses indéniables qualités.

MA NOTE : 15/20 / MA CRITIQUE : ICI


10e : Life of Chuck

Il y a parfois des adaptations qui transcendent leurs formats d’origines. Si Stephen King est probablement l’auteur contemporain le plus adapté au monde, sa nouvelle « Life of Chuck » par l’artisan du genre Mike Flanagan avait de quoi enthousiasmer. Avec beaucoup de cœur, le réalisateur et scénariste livre une fable poétique et enchantée d’une beauté fantastique. Grâce à son format bien marqué et quelques prestations sincères, son récit nous permet d’appréhender la fin d’un univers avec un optimisme percutant.

MA NOTE : 15/20 / MA CRITIQUE : ICI


Les oubliés du TOP (les bons)

  • Mickey 17 : Premier film percutant de l’année, et petite déception au bout du compte, on peut tout de même compter sur le sarcasme de Bong Joon-ho pour convaincre. D’autant que Mickey 17 est un film de Science-fiction plutôt ambitieux techniquement et que Robert Pattison prouve son large talent à l’écran.
  • Marche ou crève : Autre adaptation franchement réussite du maître King, Marche ou crève se saisit à la fois de la brutalité implacable de son univers dystopique, mais aussi de sa sensibilité via quelques portraits de jeunes hommes vaillamment interprétés. Un ancien récit de l’auteur, pourtant très actuel dans son traitement.
  • Eleanor the Great : Le premier film de Scarlett Johansson mérite largement le coup d’œil tant il dispose d’un humour et d’une émotion sincère. Un film simple, mais qui brille par son portrait d’une nonagénaire vive et troublée incarné par June Squibb.
  • The Chronology of Water : L’autre portrait féministe et premier film d’une actrice célèbre détonne du précédent. Il dispose pourtant d’un regard de cinéaste saisissant. Krysten Stewart livre un film imparfait mais très sensoriel, habité par la prestation bluffante d’Imogen Poots. Pas une claque, mais l’espoir d’une future carrière derrière la caméra prometteuse.
  • Un simple accident : Pour clôturer cette riche année de cinéma, difficile de ne pas faire mention de la dernière Palme d’Or de Cannes. Dans mon cas, sa simplicité orchestrée trahit sa vision politique et engagé. Demeure un film qui pose une belle réflexion sur les traumatismes.

Les oubliés du TOP (les moins bons)

  • 28 ans plus tard : Mon attente était colossale concernant cette suite tardive, mais mûrie. Et pour cause, les retours de Danny Boyle à la réalisation et d’Alex Garland au scénario avaient de quoi enthousiasmer. Hélas, et malgré quelques instants vraiment percutant, le Britannique fait preuve de nouvelles expérimentations à double tranchant.
  • Eddington : Si le cinéma d’Ari Aster à déjà prouvé qui mêlait autant les errances que les réussites, Eddington se pose comme la fausse consécration d’un cinéaste unique. Parfois brillant dans ses dénonciations d’une Amérique en perdition, mais trop souvent éparpillée pour subjuguer.
  • Frankenstein : Nouvelle déception de taille dans cette riche année, le Frankenstein de Guillermo del Toro est autant d’une logique implacable que d’une nécessité hasardeuse. Si les écrits de Mary Shelley demeurent passionnants, et que la démonstration graphique de cette version impose le respect, le film colossal du réalisateur Mexicain est écrasé sous ses ambitions monstres.
  • Predator: Badlands : Le très prometteur réalisateur Dan Trachtenberg continue son expansion de l’univers Predator avec un nouveau volet à la direction unique. Malgré son spectacle jouissif, ce Badlands marque aussi une ouverture concrète au grand public, qui décrédibilise dans le même temps son univers mature. Dommage.
  • Alpha : Preuve d’une Palme d’Or probablement précoce après son 2e film, la sulfureuse réalisatrice Julia Ducournau accouche d’un projet personnel, mais creux. Étiré, métaphorique, laid, Alpha ne rend jamais hommage à son décor hypnotique – Le Havre – ni ses interprètes de choix.
En bonus :
  • Avatar – de Feu et de Cendres : Le 3e volet de la plus grosse saga de tous les temps revient 3 ans après un deuxième opus qui étoffait intelligemment son univers. Seulement, avec sa continuité directe, cette suite accentue ses défauts et répète sa formule. D’autant qu’au milieu de cette fausse clôture, Avatar 3 perd en lyrisme, mais surtout en prise de risque. Et c’est franchement décevant vu son calibre.

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