
Soyons honnêtes, qu’il s’agisse de la saga d’action ringarde avec Milla Jovovich, d’un reboot affreux censé adapter l’un des épisodes les plus cultes ou d’une série Netflix absolument oubliée et oubliable, les différentes adaptations de la saga Resident Evil sont toutes de véritables cauchemars. Même si les adaptations de jeux vidéo le sont plus largement (du moins au cinéma). Et pourtant, ce nouveau reboot avait de quoi créer la surprise.
Si, depuis, son succès et ses retours critiques demeurent globalement élogieux, ce Resident Evil de 2026 doit avant tout sa réussite à son réalisateur : Zach Cregger. En seulement deux films, le metteur en scène s’est construit une solide réputation. Un an seulement après l’excellent Évanouis (un immense coup de cœur pour ma part), le réalisateur de Barbarian propose sa propre relecture de ce monument du jeu vidéo et l’intègre à ce qui s’apparente désormais à sa propre formule de cinéma.

Également coscénariste, il s’inspire ainsi de ses émotions de joueur et de fan de la première heure (ce qui est également mon cas) et livre un survival bien troussé, avec un sentiment d’urgence indéniable, qui se combine à merveille avec son sens du suspense. Sans être affilié à un jeu ou à un personnage issu de ce même univers, le cinéaste place un simple coursier médical (Austin Abrams, déjà à l’affiche de son précédent film) au centre de son histoire, avant de le propulser progressivement au cœur de l’enfer.
Bryan, coursier médical, s’engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu’autour de lui le monde s’enfonce dans un chaos total.
Avec sa durée restreinte (dont le montage final a varié d’1h29 à 1h37), Zach Cregger nous livre sa vision moderne de Resident Evil. Avec certes pas mal de défauts, mais surtout beaucoup de générosité.
Mais quel enfer !
Le postulat est simple, mais d’une rare efficacité. Un coursier, une course contre la montre, au cœur du chaos. Mais résumons les faits : ce Resident Evil n’invente rien, mais agit avec méthode dans sa proposition d’épouvante et d’horreur. Le réalisateur l’a prouvé auparavant : il sait habilement jouer avec la frousse, mais pas seulement. Traversé par l’humour, il insuffle à son film une aura particulière qui se marie à merveille avec son genre (Widow’s Bay l’a magnifiquement prouvé sur le petit écran cette année).
Son jeune héros malhabile traverse ainsi bon nombre de lieux — une route, une grange, une ferme, un tunnel, les égouts, un hôpital… — tels les niveaux d’un jeu vidéo (bourrés de références visuelles à la saga), et l’on peut autant rire que frémir devant ses mésaventures. Le cinéaste insuffle également un sentiment d’impuissance (ou presque) et surtout de solitude à cette descente en enfer, qui multiplie les rencontres désagréables, à l’inverse des PNJ.

Hormis quelques visages familiers et éphémères, seule la présence d’Austin Abrams dispose d’un réel intérêt à l’écran. Si l’on exclut son bestiaire freak, bien sûr. Car ici, le réalisateur opte pour une proposition de body horror abondante et pleinement assumée. C’est parfois fantasque, débridé ou énervé, borderline et bourré de CGI, mais, bizarrement, ce cocktail fonctionne du feu de Dieu. Notamment face au regard incrédule du coursier médical.
Si tout ne fait pas mouche à l’écran, à l’image de sa narration, ce Resident Evil émoustille nos sens et laisse une impression durable une fois le visionnage achevé. Sa fin discutable, mais pleinement assumée elle aussi, contribue forcément à cet effet.
Conclusion
Ce troisième film pour l’Américain demeure assurément son plus bancal jusqu’à présent, malgré une belle expérimentation de son cinéma. Mais pour autant, la saga R.E. dispose de bon nombre d’éléments ringards dans son ensemble, malgré ses tentatives de renouvellement. Cette adaptation y trouve alors une place de choix par son efficacité (mention spéciale à son monstre combiné, à la The Thing).
Pour toutes ces bonnes raisons, ce reboot de 2026 s’impose sans conteste comme une très solide proposition du genre.

EN DEUX MOTS : Avec ce nouveau Resident Evil, Zach Cregger livre une relecture généreuse et débridée de la saga, qui exploite avec efficacité ses mécaniques de survival et son goût pour l’horreur corporelle. Malgré une narration parfois bancale, une galerie de personnages peu développée et une conclusion discutable, le cinéaste parvient à imposer sa propre vision, entre suspense, humour et démesure. Une proposition imparfaite, mais suffisamment singulière et jubilatoire pour redonner des couleurs à une franchise cinématographique jusqu’ici toute naze.
MA NOTE : 15/20

Points forts
- La réalisation de Zach Cregger, qui apporte sa propre identité à la saga.
- Un survival efficace et bien troussé, porté par un sentiment d’urgence et un suspense indéniable.
- Le mélange d’horreur et d’humour, qui confère au film une aura particulière.
- Un body horror généreux et débridé, avec un bestiaire freak et des créatures marquantes.
- Les références visuelles aux jeux vidéo, qui rappellent la progression à travers différents niveaux.
- L’efficacité globale du film, qui parvient à émoustiller les sens et à laisser une impression durable.
Points faibles
- Une narration parfois bancale, qui ne fait pas toujours mouche.
- Un casting secondaire peu exploité, avec des personnages trop éphémères.
- Une utilisation abondante des CGI, qui accompagne une proposition parfois fantasque et borderline.
- Une fin discutable, pleinement assumée, mais susceptible de diviser.
- Un film plus bancal que les précédents de Zach Cregger, malgré une expérimentation intéressante de son cinéma.
RÉALISATION : Zach Cregger / SCÉNARIO : Zach Cregger & Shay Hatten
AVEC : Austin Abrams, mais aussi : Paul Walter Hauser, Kali Reis, Zach Cherry (…)
SORTIE (France) : 16 Septembre 2026 / DURÉE : 1h37