
Dans une continuité de partenariat avec Apple TV, le scénariste Jonathan Tropper présente une nouvelle production pour la plateforme à la pomme. C’est cette fois via l’adaptation d’un roman méconnu de Marissa Stapley qu’il agrémente sa nouvelle aventure télévisuelle. Preuve d’une ambition perpétuelle pour ses shows, créateur et plateforme offrent le lead à la belle Anya Taylor-Joy, qui s’illustre durant sept épisodes.
Une jeune femme, qui pensait avoir laissé derrière elle sa vie de criminelle, doit renouer avec son côté sombre une dernière fois afin d’échapper à cet obscur passé.
Mini-série au format relativement peu encombrant — malgré son pitch de film et même si les épisodes dépassent rarement les 45 minutes —, LUCKY s’inscrit dans une mouvance de thriller sous tension puisqu’elle place son héroïne au cœur de l’action, dans une course-poursuite quasi continue. Dans un premier temps. Puisque si sa promesse d’aventure est exaltante et efficace c’est seulement si la formule tient sur la longueur. D’autant que le casting qui accompagne notre tête d’affiche ne manque pas de charme lui non plus.
Côté féminin, Annette Bening récidive dans la peau d’une femme d’ambition traversée par ses démons — à l’instar de son récent rôle dans Dutton Ranch —, tandis qu’Aunjanue Ellis-Taylor dispose du profil idéal pour incarner l’hargneuse agente du F.B.I. à la poursuite de notre héroïne. Si le regard féminin prédomine dans l’histoire et que les composantes masculines se révèlent bien plus lisses, la belle gueule de Timothy Olyphant se démarque dans sa position de père influent et arnaqueur de toujours, puisque centrale dans le cœur de l’histoire.
Avec son casting restreint mais de choix et un récit globalement condensé, LUCKY avait tous les atouts d’une production de choix. Pourtant, malgré tous ses signaux au vert, ce thriller aux airs charmants s’enlise dans un déroulement mécanique qui manque cruellement de piquant et d’adrénaline. Petite douche froide en plein été pour cette nouveauté qui avait tout pour s’inscrire parmi les plus belles surprises estivales.
No Luck
L’espoir était de mise vu le temps d’écran accordé à l’actrice ; Anya Taylor-Joy, plus magnétique que jamais en arnaqueuse flouée. Le récit débute sous des auspices classiques du thriller criminel avant de basculer vers un concept plus intime, et intrinsèquement plus proche de son matériau d’origine.
Saupoudrée de trahisons et de romance, LUCKY tente l’enveloppe de charme avant la profondeur et laisse volontairement de nombreuses zones d’ombre sur les tenants de son braquage. Si la volonté est de nous plonger rapidement dans l’action tout en découvrant le profil combatif de Lucky, ce choix de montage a pour effet de nous détacher des grands thèmes de son intrigue.
On peut évidemment louer le jeu de sa tête d’affiche, au charme fou, sauf qu’à ses côtés, la distribution peine à s’établir. La série apparaît rapidement comme une aventure tiède car, même dans son exercice de style, elle peine à convaincre. La mise en scène de Jonathan van Tulleken (Shogun) — succédé par Greg Yaitanes (HotD) — a beau s’accrocher au regard d’Anya Taylor-Joy, elle ne jouit que trop peu de son décor, qui emprunte régulièrement au western.
Malgré un parcours rocambolesque, Lucky souffre d’un contraste d’intensité flagrant entre la richesse de son héroïne — et de son passé — et son calvaire réel à l’écran. Une survie des temps modernes ambitieuse mais laborieuse dans son exécution.
La série limitée dispose pourtant d’un mélange qui dépasse sa forme de thriller via une veine intime et familiale, éclairée par des flashbacks aussi peu encombrants que la durée de ces épisodes. Le personnage de Lucky constitue à lui seul l’axe majeur du récit, par ce qu’il représente et par sa tentative d’émancipation de son passé criminel. Sauf que, parmi ces différents rebondissements, cette nuance peine encore une fois à faire des miracles dans son exécution.
Conclusion
Arrivée au terme de son aventure, LUCKY prouve à quel point elle s’avère bancale dans son concept global, malgré un format prometteur. Preuve en est : dans sa première partie, la série échoue à user de son sens du suspense alors qu’elle glisse peu à peu jusqu’à une mi-saison composée d’une montée en tension plus significative. Enfin, sa dernière partie, plus encline aux flashbacks et à connecter le passé de Lucky à son présent, ne fait qu’effleurer l’ambiguïté de son profil criminel.
Son final est particulièrement parlant dans sa succession de petits échecs : peu convaincant dans son exécution — action et suspense confondus — comme dans sa conclusion douce-amère, qui interroge pourtant pleinement le passé traumatique de Lucky.
Ni efficace ni bouleversante, la mini-série s’inscrit hélas comme une nouvelle déception estivale dans le riche catalogue d’Apple TV. En soi, c’est loin d’être une fatalité pour la plateforme, mais vu la présence restreinte sur le petit écran de sa tête d’affiche, on aurait pu espérer bien mieux.
EN DEUX MOTS : UN POTENTIEL GÂCHÉ.
Derrière son casting séduisant, son format efficace et une héroïne au passé suffisamment riche pour nourrir le récit, LUCKY peine malheureusement à transformer ses ambitions en véritable tension. Une mini-série trop sage et mécanique pour marquer durablement, malgré quelques sursauts et une Anya Taylor-Joy toujours aussi magnétique.
MA NOTE : 2/5

👍 Points forts
- Anya Taylor-Joy, magnétique dans le rôle-titre
- Un concept prometteur mêlant thriller et drame familial dans un format court et condensé
- Un casting féminin solide, notamment Annette Bening et Aunjanue Ellis-Taylor
- Une héroïne ambivalente au passé riche
👎 Points faibles
- Un rythme mécanique et un suspense sous-exploité
- Des personnages secondaires trop peu développés (ou lisses, à l’instar de la distribution masculine)
- Une mise en scène qui exploite insuffisamment ses décors
- Des thématiques et une dimension criminelle trop survolées
- Des rebondissements et une action qui manquent de piquant et d’impact
- Une intrigue parfois trop tiède malgré son potentiel de thriller criminel
- Un final décevant, aussi bien dans son action que dans sa conclusion
Les crédits
CRÉATEUR : Jonathan Tropper
AVEC : Anya Taylor-Joy, Annette Bening, Aunjanue Ellis-Taylor, Clifton Collins Jr., et Timothy Olyphant, mais aussi : Mo McRae, Drew Starkey, Eric Lange, et William Fichtner (…)
ÉPISODES : 7 / Durée moyenne : 45mn / DIFFUSION : 2026 / CHAÎNE : Apple TV