MAYOR OF KINGSTOWN – saison 4

Le thriller policier Mayor of Kingstown maintient sa ligne sur Paramount+. Un peu plus d’un an après une troisième saison moins soutenue, bien que meurtrière, la série avait besoin d’un léger coup de fouet pour conserver sa cadence. C’est chose faite avec cette nouvelle saison, qui promet quelques face-à-face plus percutants.

L’environnement âpre et la grisaille de Kingstown nous reviennent, et avec eux quelques nouvelles têtes — comme le démontre une affiche promotionnelle lourde de sens. La production s’offre ainsi les services de la chevronnée Edie Falco, qui incarne une nouvelle figure d’autorité au sein du centre pénitentiaire de la ville.

Le contrôle de Mike sur Kingstown est menacé alors que de nouveaux acteurs se disputent le pouvoir laissé vacant par le départ des Russes, le contraignant à faire face à la guerre des gangs qui en résulte et à les empêcher de prendre le contrôle de la ville. Pendant ce temps, alors que ses proches sont plus en danger que jamais, Mike doit affronter un nouveau directeur de prison obstiné à protéger les siens tout en luttant contre les démons de son passé.

En plaçant le personnage de Kyle McLusky (Taylor Handley) derrière les barreaux, le récit a la bonne idée de remettre au cœur des événements ce lieu emblématique de la série, tout en durcissant ses enjeux dramatiques.

Un beau programme pour l’indéboulonnable maire de Kingstown, toujours interprété par Jeremy Renner, d’autant que les menaces se multiplient au fil de la saison. S’il ne s’agit pas d’une consécration pour la saga, cette quatrième saison renoue avec la morosité de ses débuts. Vient avec elle un surplus d’intensité, suffisant pour convaincre.

Vous pouvez retrouver ici les critiques des précédentes aventures de Mayor of Kingstown :
- SAISON 1
- SAISON 2
- SAISON 3

Mayor of Paradise

Si dix nouveaux épisodes composent cette nouvelle aventure, et que le rythme peut parfois se révéler mécanique à l’écran, les multiples scénaristes de la série n’hésitent pas à exploiter leurs différentes problématiques — quitte à faire émerger une certaine redondance, saison après saison.

La menace des gangs demeure ainsi omniprésente dans une intrigue toujours aussi tentaculaire, laissant même planer quelques mystères, notamment sur les desseins de certains personnages.

Parmi les nouveaux venus, on retrouve Lennie James, en chef de clan mesuré de la pègre de Détroit. Un rôle bien exploité, dont la présence apporte un réel intérêt.

Il en va de même pour l’autre invitée précédemment citée, Edie Falco, même si son personnage ne s’enrichit que tardivement au cours de la saison. Paradoxalement, c’est la plus discrète mais finement caractérisée Laura Benanti, dans le rôle d’une agente correctionnelle, qui trouve la plus belle nouvelle place dans cette saison. Un personnage féminin marquant, dans une série qui en propose encore trop peu — comme en témoigne la présence de Necar Zadegan, enfin créditée au générique, mais toujours sous-exploitée à l’écran.

Pour le reste, Mayor of Kingstown saison 4 demeure fidèle à ses précédents modèles. Certains profils conservent leur intérêt — mention au policier incarné par le co-créateur Hugh Dillon, qui maintient avec justesse sa ligne d’ambiguïté morale — tandis que d’autres peinent à exister. (Hamish Allan-Headley agace par un traitement étiré, et Nishi Munshi demeure trop invisible.)

La ligne de suspense reste ainsi le principal moteur de ce thriller. Et sur ce terrain, cette quatrième saison s’impose comme un exercice globalement efficace.

Conclusion

Preuve en est : à l’heure de son final, Mayor of Kingstown saison 4 aura fait couler le sang de façon continue — pas toujours de manière frontale, parfois sans prendre de risques excessifs — tout en s’imposant comme une saison globalement soutenue.

Ainsi, après dix épisodes plutôt bien dosés, le thriller s’achève en laissant un certain nombre d’ouvertures pour la suite. Ce sera peut-être l’occasion pour la saga de Paramount+ de tirer sa révérence, mais pour l’heure, restons sur cette note positive.

EN DEUX MOTS : Sans bouleverser sa formule, Mayor of Kingstown confirme avec cette quatrième saison sa capacité à maintenir une tension constante dans un univers toujours aussi morose. La série capitalise sur la solidité d’une partie de son casting, l’efficacité de ses enjeux carcéraux et une atmosphère poisseuse qui reste sa véritable signature. Si certaines mécaniques narratives montrent leurs limites, l’ensemble conserve une force d’attraction indéniable. Une saison de continuité maîtrisée, plus convaincante que la précédente, qui rappelle pourquoi Kingstown demeure un terrain dramatique aussi fascinant que brutal.

MA NOTE : 14/20


Points forts

  • Le retour au cœur du système carcéral, avec des enjeux recentrés autour de la prison.
  • Une ambiance sombre et oppressante toujours aussi efficace, fidèle à l’ADN de la série.
  • Les performances solides, notamment Jeremy Renner, Hugh Dillon et les nouveaux venus comme Lennie James.
  • L’introduction de nouveaux personnages féminins plus marquants, en particulier celui de Laura Benanti.
  • Une ligne de suspense continue, qui maintient l’intérêt malgré une structure parfois classique.

⚠️ Points faibles

  • Un rythme parfois mécanique, notamment sur la durée des dix épisodes.
  • Une redondance thématique avec les saisons précédentes, surtout autour des conflits de gangs.
  • Certains personnages sous-exploités ou étirés inutilement (Nishi Munshi, Hamish Allan-Headley).
  • Des arcs narratifs qui prennent du temps à décoller, notamment celui d’Edie Falco.
  • Peu de véritables prises de risques scénaristiques sur l’ensemble de la saison.

Les crédits

CRÉATEUR(S) : Hugh Dillon & Taylor Sheridan

AVEC : Jeremy Renner, Taylor Handley, Hugh Dillon, Tobi Bamtefa, Laura Benanti, Derek Webster, Hamish Allan-Headley, Nishi Munshi, Necar Zadegan,

avec Lennie James…, et Edie Falco…, mais aussi : Clayton Cardenas, Richard Drake, Denny Love, D Smoke, Nichole Galicia, Derek Rivera, Lane Garrison (…)

ÉPISODES : 10 / Durée moyenne : 48mn / DIFFUSION : 2025 / CHAÎNE : Paramount +

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *