GEN V

EN DEUX MOTS : En attendant la quatrième saison d’une des plus célèbres sagas d’Amazon, la plateforme dévoile pour la rentrée son premier (véritable) spin-off. Issu du monde de « THE BOYS« , GEN V demeure une nouveauté conséquente et largement attendue. Aux manettes, on retrouve des artisans de la série originelle – le scénariste Eric Kripke, les producteurs Evan Golberg & Graig Rosenberg) pour un récit original qui vise cette fois le « teen drama ».

Les vies mouvementées de super-héros en devenir dans une école ultra-compétitive gérée par Vought International, où leur résistance physique, leurs hormones et leurs limites sont testées au quotidien. A la clé : les meilleurs contrats pour les meilleures villes. 

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Même si son postulat teenage est loin d’être la caractéristique la plus enthousiasmante à mes yeux, la série avait de bons arguments de vente. Le retour des showrunners avant toute chose, qui sont la garantie du retour d’un ton revêche et sarcastique. C’est ce qui a si bien définit THE BOYS. C’est aussi synonyme de succès, un succès qu’on imagine déjà retentissant. Bonne nouvelle, cette rentrée scolaire le prouve, GEN V conserve l’esprit sanguinolent et puéril de son aîné, sans concessions.

Néanmoins, cela suffit il à lui conférer le même renom ? Ou la série a-t-elle pour seul but d’être un pur élément marketing ? Encore une bonne nouvelle, par le biais d’un jeune casting rafraîchissant et quelques rebondissements astucieux, ce spin-off transforme son essai.

LES HORMONES EN ÉBULLITION

Sous la mise en scène un peu anecdotique de l’émérite artisan de la télévision Nelson Cragg, GEN V dispose toutefois d’un pilote (intitulé « God U. ») suffisamment révélateur et malin pour convaincre. Dès son introduction, ce spin-off nous plonge dans le jus. Traumatisme et hémoglobine seront les arguments d’une formule qui a fait ses preuves par le passé. Heureusement, le show dispose également d’une jeune tête d’affiche (Jaz Sinclair) ultra convaincante dans le rôle de l’outsider.

Le reste de l’épisode nous familiarise avec les principaux intervenants du show, mais aussi son principal décor, universitaire. La série use également de nombreux caméos (et ceux durant toute la saison) pour se rattacher a son aîné. (L’action se déroule entre les saisons 3 et 4 de THE BOYS). Néanmoins, sous une formule assez classique, qui fait la part belle à l’humour vulgaire et au sexe scabreux, ses scénaristes conclut leur pilote par un rebondissement explosif. Un twist sans équivoque qui va mener à une directive tendue durant toute sa saison.

GEN V à la même ambition que son prédécesseur : déconstruire le mythe du super-héros en y développant sa perversion. Ce spin-off fait toujours mention du fort potentiel marketing que représentent les supers, et notamment lorsqu’elle présente la première génération de héros consciente d’être créé sous le fameux « composé V ». Et donc par le biais d’intérêts vénaux (le portrait des parents n’est jamais flatteur). Les épisodes qui font suite vont, eux, magnifiquement éclairer nos jeunes tourmentés.

C’est la réelle belle surprise de GEN V : un casting teenage qui parvient aisément à se démarquer par son charme salvateur. La belle Jaz Sinclair pour son parcours chaotique, tout comme sa pétillante colocataire (Lizzie Broadway, formidable révélation) qui rapetisse (ou grandit… douloureusement). Mais également les profils plus populaires incarnés par Chance Perdomo, Maddie Phillips ou London Thor.

« J’AI PAS LE TEMPS, MON ESPRIT, VISE AILLEURS… »

Avec huit épisodes plus court que son aîné (entre 40 et 50 minutes) GEN V ne perd pas de temps. Malgré cela, elle parvient à se montrer très riche dans son contenu. Et se renouveler d’un épisode à un autre. Dans un esprit souvent puéril et délirant, la série nous divertit avec une dose constante d’hémoglobine et de dépravation sexuelle. Les scénaristes et producteurs ne manquent pas d’idées et exploitent à merveille les différents pouvoirs des Sup’.

La preuve d’ailleurs avec son quatrième épisode « The Whole Truth« , qui, en plus du divertissement, amuse dans sa démonstration inédite d’un esprit mal placé de ses Supers, pas si supers. (Mon allusion fait évidemment référence à un détective (Derek Wilson) obsédé par tout type de trous…).

Passez la superbe récréation et une intrigue bien lancée sur ses rails, avec à la clé de lourds secrets pour les têtes pensantes de l’université, GEN V subit un léger contrecoup dans son rythme comme son intérêt. C’est ainsi que débute sa seconde partie de saison, malgré des durées d’épisodes revues à la baisse (40 minutes bien tassées). Moins scabreux, plus cérébral, la série flirt avec ses limites dans une partie dramatique qui manque avant tout d’intensité.

Les événements s’accélèrent naturellement à l’aube de son final. Notamment quand le sang se met à couler et que les masques sont tombés. Son final, lui, se révèle explosif sans surprise. Une autre limite de la production, loin d’être experte dans le déroulement de ces scènes d’action. Qu’importe plus globalement GEN V convainc dans son déroulement et diverti outrageusement. Et qui plus est, la dynamique de la jeune team fait mouche, en duo comme en groupe.

CONCLUSION

L’annonce d’une seconde saison, après quelques semaines de diffusion, n’est donc pas un mystère vu le succès retentissant de la série sur la plateforme. Néanmoins, et même si sa formule demeure exaltante, la saga mérite de peaufiner ses fins de saison, comme celle-ci : forte, puissante mais trop accès sur le cliffhanger que le purement concret.

De même, outre ses caméo de fan-service appréciable, sa suite devra probablement ce couplet davantage avec son aîné pour intensifier son récit. Advienne que pourra, le bilan est positif aujourd’hui. 15/20 avec mention favorable.


Les + :

  • Un nouveau postulat exaltant et rafraîchissant, qui mélange tous les atouts de l’univers THE BOYS. Hémoglobine et sexe déluré en pagaille.
  • Belle surprise concernant son jeune casting complémentaire, dynamique et charismatique, qui plus est qui est face du revers de la main la crainte du « teen drama » classique.
  • Encore de belles surprises en début de saison qui nous amène sur des dynamiques inédites et bien rythmées.
  • Une saison peu gourmande mais pourtant généreuse.
  • Quelques effets volontairement scabreux mais absolument délicieux.

Les – :

  • Après une première partie de saison idéale, un léger ventre mou qui dévoile quelques faiblesses narratives.
  • Des caméos sympathiques, mais souvent trop restreint dans leurs intérêts.
  • Des faiblesses techniques dans ces scènes d’action, tout juste passable.

MA NOTE : 15/20

CRÉATEUR(S) : Eric Kriple, Evan Golberg & Graig Rosenberg

AVEC : Jaz Sinclair, Chance Perdomo, Lizzie Broadway, Maddie Phillips, London Thor, Derek Luh, Asa Germann, et Shelley Conn,

mais aussi : Patrick Schwarzenegger, Sean Patrick Thomas, Clancy Brown, Marco Pigossi, Derek Wilson, Alexander Calvert, avec Claudia Doumit, et Colby Minifie (…)

ÉPISODES : 8 / Durée (moyenne) : 45mn / DIFFUSION : 2023

GENRE : Drame, Aventure, Action, Fantastique / CHAÎNE : Amazon

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