FALLOUT – saison 2

Sans conteste, l’adaptation du jeu vidéo Fallout demeure le nouveau gros hit de Prime Video. Pauvre d’un catalogue à la qualité trop variable, comme d’un faible rendement, la première saison de la série d’aventure et de science-fiction aura su se démarquer aux yeux du public. Ni une ni deux, la plateforme avait déjà renouvelé son nouveau succès pour un avenir prometteur (une saison 3 étant déjà officialisée avant même la diffusion de sa nouvelle salve).

Il aura tout de même fallu attendre plus d’un an et demi pour découvrir cette suite (dont la production fut ralentie par les incendies de Los Angeles – nouveau lieu de tournage du show). Toujours est-il que le succès est encore au rendez-vous, malgré une méthode de diffusion hebdomadaire qui déplaît — majoritairement. Son contenu, lui, demeure plutôt dense, même si ses épisodes avoisinent réellement les 50 minutes et qu’à nouveau, huit épisodes composent son aventure.

La Goule et Lucy sont sur les traces du père de cette dernière tandis que Maximus replonge dans les affaires à la Confrérie de l’Acier.

Fallout 2 jouit tout de même de quelques aspects prometteurs, comme un univers encore riche de possibilités. D’autant plus qu’il s’ouvre cette fois sur le lieu emblématique de New Vegas, un environnement largement teasé par sa promotion et surtout très apprécié par sa communauté de fans.

Amazon agrémente donc sa formule post-apocalyptique décomplexée avec ferveur et y met les moyens pour assurer le spectacle. Sa première saison, bien que traversée par quelques lacunes, demeurait tout de même très plaisante. Sa suite fait-elle aussi bien ? Ou même mieux ? Pas vraiment, malgré un certain plaisir- la faute a un rythme décousu et un univers un brin sous-exploité. En gros.

Un désert de risque

Fallout demeure une production généreuse. Entre humour et violence (ou plutôt irrévérence), ses équipes exploitent ses caractéristiques post-apocalyptiques et rétro-futuristes avec une certaine véhémence. Quitte à rester un peu trop en terrain conquis, cependant. Le montage de cette saison le prouve, via l’utilisation de ses principaux personnages, mais aussi par l’absence de nouveaux venus exploités de façon récurrente ou réellement probante.

On retrouve ainsi l’aussi naïve qu’attachante Lucy MacLean (Ella Purnell), au regard de biche, toujours en pleine désillusion, tandis qu’elle donne plus encore la réplique à l’éternel mercenaire, la Goule (Walton Goggins). Si le duo ne fait pas des étincelles, le récit tente de garder près de lui ses principales figures et agrémente, par la même occasion, sa mythologie grâce à une intrigue dans le passé toujours bien fournie.

Celle-ci permet non seulement de raccorder quelques wagons narratifs, apporte une nuance supplémentaire au double rôle joué par Walton Goggins, mais épaissit (ou lève le voile) sur de nouveaux mystères de son univers. À ce petit jeu, on peut tout de même apprécier les différentes apparitions du charismatique Justin Theroux, dans un rôle à sa hauteur.

Récits parallèles à la mortadelle

Parallèlement, et de manière plus condensée (son personnage étant même absent le temps de deux épisodes distincts), le profil de Maximus (Aaron Moten) demeure central puisqu’il dispose, toujours, de sa propre intrigue — non négligeable, il est vrai. La Confrérie de l’Acier prend ici de l’ampleur, à l’instar de la production, et permet de dynamiser le voyage de ses homologues en tête d’affiche jusqu’à New Vegas, que l’on ne découvre toutefois que dans la seconde partie de la saison. Et quitte à complètement mettre de côté la dite Confrérie.

Fallout 2 prouve bien, de ce fait, qu’elle est traversée d’imperfections, et notamment par des récits aux intérêts variables. Si l’on peut apprécier que cette nouvelle saison n’occulte pas totalement le destin des Abris 32 et 33, ou encore les parcours de Norm (Moises Arias) et de son père Hank (Kyle MacLachlan), son découpage souffre de quelques inégalités, ainsi que de problèmes de rythme dans son ensemble.

C’est particulièrement probant dans la vision — bien qu’éphémère — de différentes factions inédites qui composent son univers, à cheval entre le pittoresque et l’absurde. La Légion de Caesar représente parfaitement ce mauvais équilibre. C’est là toute sa limite d’adaptation, davantage entravée par sa distribution que par son bestiaire pourtant bien fourni. Dans ce sens, on peut néanmoins se réjouir de l’apparition crédible des terribles Écorcheurs, monstres bien connus des aficionados de la licence.

Pour le reste, on pourrait affirmer que la série demeure fidèle à l’esprit des jeux, mais bien moins à leur humour noir. Probablement faute d’une narration et d’une direction manquant de finesse, les multiples références n’étant pas suffisantes sur la durée.

Conclusion

Globalement, cette saison 2 de Fallout demeure donc une petite déception. Il paraît évident qu’elle croule sous la richesse de son univers, dont elle laisse entrevoir de multiples facettes sans concrètement les exploiter — pour la majeure partie d’entre elles, du moins. Ce constat s’applique également à la ville de New Vegas qui, hormis sa localisation pourtant toute indiquée, semble curieusement vide et désincarnée, malgré sa population et ses terribles créatures sur place.

EN DEUX MOTS : En définitive, cette saison 2 de Fallout confirme le potentiel de son univers tout en révélant ses limites narratives. Malgré une production toujours généreuse et quelques réussites dans le développement de ses personnages, la série peine à exploiter pleinement la richesse de ses intrigues et de ses factions. Une suite ambitieuse, mais inégale, qui laisse un sentiment d’occasions manquées.

MA NOTE : 13.5/20


⭐ Points forts

  • Univers toujours riche et fidèle à l’esprit des jeux
  • Introduction de New Vegas, lieu emblématique de la licence
  • Duo Lucy / La Goule plutôt central et attachant
  • Intrigue passée enrichissant la mythologie de la série
  • Interprétation solide de Walton Goggins (double rôle nuancé)
  • Apparition réussie des Écorcheurs
  • Production généreuse (décors, costumes, ambiance rétro-futuriste)
  • Confrérie de l’Acier gagnant en importance et en ampleur (dans un premier temps)

⚠️ Points faibles

  • Rythme inégal et montage parfois déséquilibré
  • Sous-exploitation de certaines factions (notamment la Légion de Caesar, caricaturale)
  • Manque de nouveaux personnages réellement marquants
  • New Vegas – trop vide et peu incarnée
  • Humour noir moins présent et moins fin que dans les jeux
  • Narration manquant parfois de finesse
  • Multiplication des intrigues aux intérêts variables
  • Références insuffisantes pour soutenir la durée

Les crédits

CRÉATEURS : Geneva Robertson-Dworet & Graham Wagner

AVEC : Ella Purnell.., Aaron Moten.., et Walton Goggins, mais aussi : Moises Arias, Kyle MacLachlan, Frances Turner,

Johnny Pemberton, Xelia Mendes-Jones, Annabel O’Hagan, Leslie Uggams, Michael Cristofer, Rodrigo Luzzi, Zach Cherry, Dave Register,

Macaulay Culkin, Martha Kelly, Kumail Nanjiani, Rachel Marsh, et Justin Theroux, spécial guest star : Clancy Brown, et Ron Perlman (…)

ÉPISODES : 8 / Durée (moyenne) : 52mn / DIFFUSION : 2025-26 / CHAÎNE : Amazon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *