HOUSE OF THE DRAGON : S.3 – épisode 7 (The Dragon in Winter)

Avant-propos : Dernière ligne droite pour la troisième saison de House of the Dragon, série fantastique phare d’HBO. Si ses deux premiers épisodes ont largement convaincu, les quatre suivants se sont montrés plus calmes et mesurés, faisant gentiment gonfler les attentes autour d’un nouveau dénouement meurtrier.

À l’image de sa politique, le déroulement de cette continuité s’est révélé un peu sage malgré ses atouts grandissants, notamment parce qu’ils ont manqué de mordant pour pleinement convaincre. Bonne nouvelle en revanche, le spin-off a merveilleusement su gangrener la nouvelle position de force de Rhaenyra (Emma D’Arcy), à l’instar des facettes les plus sombres de ses nombreux anti-héros.

La question était désormais de savoir si cet avant-dernier épisode allait faire briller de nouveaux seconds rôles et ouvrir la voie à un nouveau coup d’éclat. Ou, hélas, confirmer le ventre mou persistant de cette saison. Bonne nouvelle : la tension monte d’un cran aujourd’hui et s’accompagne de quelques très beaux attraits fantastiques.

ÉPISODE 7 : THE DRAGON IN WINTER

Si son sixième épisode avait lui aussi su rehausser la tension d’un cran supplémentaire, difficile d’imaginer que celui-ci serait l’éclatement tant attendu. Et pour cause, c’est la même équipe créative que celle du cinquième épisode qui est aux commandes (Nina Lopez-Corrado à la caméra, Philippa Goslett à la plume). Avec une approche dans la continuité des précédents chapitres, plus contenue, cette troisième saison de HotD joue avec nos nerfs. Ce qui ne l’empêche pas de flirter avec le bord du précipice avec un certain brio, comme elle le prouve aujourd’hui.

En étalant l’histoire de la Danse des Dragons sur quatre saisons, le spin-off enrichit son récit de détails et de personnages, parfois développés a minima. Si l’on peut lui reprocher son rythme en dents de scie et quelques protagonistes de façade (les présences fugaces de Dan Fogler et Tommy Flanagan pourront encore en témoigner dans cet épisode), la série démontre à quel point son univers demeure riche en possibilités et en nuances.

La mythologie imaginée par George R. R. Martin continue notamment d’être approfondie. Dans un second rôle discret mais capital, la présence d’Helaena (Phia Saban) en est une nouvelle fois révélatrice. Si l’épisode s’ouvre sur l’un de ses doux rêves, ce sont surtout ses visions ultérieures qui annoncent de terribles événements à venir à Westeros. Extirpée de son sommeil par Rhaenyra, le comportement vacillant de sa demi-sœur en dit long sur la gangrène de l’ambition et du pouvoir. Emma D’Arcy retranscrit, une fois encore, à merveille les doutes et les peurs qui parcourent son personnage.

Un rêve d’égarement

The Dragon in Winter a aussi, et surtout, l’atout d’être un épisode riche en dragons, des créatures qui s’étaient faites rares depuis le début de la saison. Si son titre donne matière à réflexion, les événements dépeints durant cette heure éclairent progressivement la voie… selon l’adage.

Incertaine à plus d’un titre, cette saison a laissé en suspens, voire en quasi-végétation, plusieurs de ses destins. Difficile de savoir qui sombrera dans la gloire, l’indifférence ou, au contraire, renaîtra de ses cendres. The Dragon in Winter apporte quelques éléments de réponse, malgré des pouvoirs encore vacillants.

Aemond (Ewan Mitchell), tout d’abord. Son évolution — et ses errances — rappellent forcément Daemon (Matt Smith), jusque dans ses fantasmes incestueux. Terré à Harrenhal avec l’étrange Alys Rivers (Gayle Rankin), l’arrivée de sa mère, Alicent (Olivia Cooke), ne sera pas sans conséquence. L’intrigue ne livre pas ici son meilleur jeu de suspense, mais elle a le mérite de ne pas en étendent les enjeux avec cette tentative d’empoisonnement en fin d’épisode.

Les manigances et les dissensions du clan Hightower se révèlent bien plus convaincantes tandis que la guerre gronde aux portes de Chutebourg. Si la captivité de Corlys (Steve Toussaint) par Ormund (James Norton) n’a qu’un intérêt limité pour l’instant, c’est la division entre les membres de cette famille qui retient véritablement l’attention. Bien conscient de son rôle de pantin, le rêve de fuite de Daeron (Benjamin Evan Ainsworth) trouve un véritable éclat face à son oncle compatissant (Freddie Fox, excellent). D’autant que l’issue du conflit demeure encore très incertaine au vu du twist qui conclut l’épisode.

Une Danse ? Non, un ballet.

Et dans les vestiges du clan Vert, plus dangereux presque mort qu’au sommet de son pouvoir, le destin d’Aegon (Tom Glynn-Carney) atteint finalement son firmament après une saison d’errance. Astucieuse lorsqu’il s’agit d’appréhender le comportement de ses compagnons de galère, cette intrigue réussit brillamment son retour d’entre les morts — au même titre que son dragon — en confortant le Targaryen dans ses rêves de gloire. L’issue s’annonce plus brûlante que jamais.

Outre les visions marquantes de la magnifique Songefeu (dans un futur rôle déterminant) et d’un Feu-du-Soleil encore plus ravagé que son dragonnier, c’est la confrontation à ciel ouvert entre les quatre dragons qui met nos sens en ébullition. Si le sort réservé à leurs dragonniers calme légèrement nos ardeurs, ce ballet cruel entre les créatures assure largement le spectacle.

Si l’intrigue laisse encore planer le doute sur le destin du sauvage Voleur-de-Mouton, elle a au moins le mérite de faire éclater cette bulle de mensonge avant son final. Chacun y trouve, dans une certaine mesure, son compte, des Velaryon au couple royal. Comme à son habitude, Matt Smith brille en toutes circonstances, mais jamais autant que lorsqu’il dévoile la facette la plus douce de Daemon. Ce contraste avec son tempérament sanguin apporte de très belles nuances à son personnage, même si sa nature peine encore à accorder sa confiance.

C’est dans cette optique que son ancienne amante, Mysaria (Sonoya Mizuno), tente d’influencer son épouse. Toutefois, sa position ambiguë ne donne naissance qu’à un triangle amoureux au moment où elle use véritablement de ses charmes afin d’étendre son influence sur la Reine. Une ruse qui fait directement écho à une scène clé de son parcours, plus tôt dans l’épisode, où sa condition lui est brutalement rappelée avant toute fantaisie de façade.

Conclusion

Jusqu’à présent, son destin manque probablement de quelques faits marquants. En revanche, l’intrigue met aujourd’hui le doigt sur la position délétère du petit peuple dans cette Danse. À travers Mysaria, avec une intimité bienvenue sur la condition féminine. Puis, dans sa dernière séquence, à travers un esprit de corruption qui s’appuie sur la fierté d’un roturier désabusé : Ulf (Tom Bennett).

En semant progressivement les graines du chaos, cette troisième saison prend le risque de tout miser sur son final. Et, par extension, sur sa dernière saison à venir, qui aura encore de nombreux événements à dépeindre. Pour le moment, malgré quelques imperfections — des personnages sous-exploités ou encore l’errance d’Aemond, par exemple —, ce septième épisode s’avère convaincant à bien des égards.

Dans cette position bâtarde d’avant-final, qui avait fait le succès de Game of Thrones à de nombreuses reprises, House of the Dragon adopte une dynamique plus aléatoire au fil de cette saison. Toujours est-il que The Dragon in Winter aurait pu n’être qu’un nouveau ventre mou avant la bataille. Il parvient pourtant à intensifier la plupart de ses intrigues et à raviver une tension qui s’était quelque peu essoufflée. La série conserve ainsi les mêmes qualités et défauts qui parcourent cette troisième saison, avec heureusement une balance qui penche toujours en faveur de ses qualités.


✅ Points forts de l’épisode

  • Une tension dramatique qui retrouve enfin de sa vigueur.
  • Une mythologie toujours plus riche grâce aux visions d’Helaena.
  • La confrontation spectaculaire entre les dragons.
  • L’évolution d’Aegon, endoctriné par ses propres rêves de gloire.
  • L’apparition marquante de Songefeu et le retour quasi mort-vivant de Feu-du-Soleil.
  • Les dissensions au sein de la famille Hightower.
  • La prestation d’Emma D’Arcy et les nuances apportées au personnage de Rhaenyra.
  • Le traitement intime de Mysaria et la condition du petit peuple plus nette.
  • Une montée en puissance efficace en vue du final.

❌ Points faibles de l’épisode

  • Un rythme qui reste parfois trop prudent.
  • Plusieurs personnages secondaires encore sous-exploités.
  • L’intrigue d’Aemond à Harrenhal, qui rappelle trop l’errance de Daemon en saison précédente.

NOTE :


Les crédits

RÉALISATION : Nina Lopez-CorradoSCÉNARIO : Philippa Goslett & Zenzele Price

DIFFUSION (France) : 03 Août 2026 / DURÉE : 1h04

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