
2026 signe la fin des Supes originaux sur Prime Video, après deux spin-off et plusieurs années de blagues potaches, pour un total de 40 chapitres globalement déjantés. La formule de The Boys a assurément fait les beaux jours de la plateforme grâce à son esprit outrancier et sa satire acide du monde des super-héros. Mais si beaucoup continuent à l’aduler, le filon de la série s’est tout de même tari au fil de ses aventures, soyons honnête.
Malgré un virage parfois plus politique, ou toujours plus satirique dans les thématiques abordées, The Boys a étiolé son suspense avec son trop-plein de personnages et ses différentes péripéties peu surprenantes — bien loin de l’esprit de vilain petit canard que le show tente pourtant de véhiculer.
La série, qui avait su se montrer si rafraîchissante à ses débuts, a finalement laissé place au même produit marketing qu’elle dénonçait autrefois, le tout noyé dans une immaturité devenue lassante. En plus de quelques gimmicks gore sans saveur, la satire a de quoi décevoir, sans totalement écœurer grâce à l’annonce d’une véritable conclusion. Une saison de clôture et un potentiel bain de sang à la clé ? Ou un nouveau pétard mouillé ? Hélas, le verdict se révèle aussi prévisible que son déroulé…
Pour les critiques des précédentes saisons c'est ICI :
- SAISON 1
- SAISON 2
- SAISON 3
- SAISON 4 (partie 1 et partie 2)

Le monde appartient entièrement au Protecteur, soumis à ses caprices erratiques et mégalomaniaques. Hughie, La Crème et Frenchie sont emprisonnés dans un « Freedom Camp ». Annie tente désespérément de monter une résistance face à la puissance écrasante des Supers. Kimiko a disparu. Mais lorsque Butcher réapparaît, prêt et déterminé à utiliser un virus capable d’anéantir tous les Supes, il déclenche une série d’événements qui changeront à jamais le monde. C’est le climax, les amis. Les choses sérieuses vont commencer.
Des Supes nuls
Après une ellipse temporelle appréciable, bien que relativement sage dans le lancement de sa nouvelle dynamique, cette dernière saison de The Boys se lance sous les auspices d’un affrontement final prometteurs avec, une nouvelle fois, deux camps bien distincts malgré leurs nombreuses tribulations internes. L’évolution des personnages avance de concert avec leurs dérives naturelles, allant de la rédemption à des déviances pleinement assumées, même si l’intrigue replace mécaniquement ses nombreux protagonistes dans l’échiquier narratif.
Sous un joug fasciste et pro-américain perdant cruellement en subtilité, le règne des Supes se superpose aux dérives d’un Homelander (Antony Starr) toujours plus mégalomane. Au point de dénaturer l’aura dérangeante du personnage pour en faire un bouffon superpuissant, mais surtout terriblement ringard. L’exemple le plus concret de cette dérive réside dans sa thématique centrale autour du culte des célébrités et des figures divines.

La série fantastique s’aventure cette fois pleinement dans une vision mystique et destructrice à travers le comportement déviant d’Homelander, qui s’autoproclame Messie d’une nation, voire du monde entier. Secondairement, le casting accueille un nouveau récurrent aussi bancal que dispensable, incarné par Daveed Diggs, même si son rôle d’évangéliste perché permet d’étoffer quelque peu cette thématique.
Sauf que dans cet esprit toujours plus borderline, The Boys saison 5 démontre surtout toutes les limites de sa formule outrancière désormais éculée. Elle prouve que son mordant originel — celui du comic qu’elle adapte — a laissé place à un cruel manque de nuance, au même titre qu’à une tension désormais reléguée aux oubliettes. C’est particulièrement visible dans son déroulement global, qui manque souvent d’envergure malgré des ambitions nettes, dont un univers étendus.
Mais qu’importe pour le show : dans des groupes réunifiés mais plus éclatés que jamais, une course contre la montre se joue… même si celle-ci manque cruellement de saveur.
Des Boys nazes
Dans un contexte de guerre totale, cette ultime saison de The Boys paraît curieusement étriquée. Si les symboles de la résistance semblent écrasés par un contrôle des médias peu cohérent et une opinion publique totalement passive, notre fine équipe poursuit malgré tout son combat face aux menaces grandissantes.
Pourtant, peu de choses évoluent réellement malgré le capital sympathie de ces héros de la première heure : un Hughie Campbell (Jack Quaid) gentiment plus mature, un Frenchie (Tomer Capon) assagi ou encore une Kimiko (Karen Fukuhara) enfin bavarde. (N’oublions pas une Starlight (Erin Moriarty) toujours aussi peu brillante).
Plus anti-héros que jamais, c’est surtout le retour de Billy Butcher (Karl Urban) qui aurait pu apporter une dynamique intéressante au groupe, notamment à travers sa moralité complètement rongée. Sauf qu’à l’instar de son pire ennemi Homelander, sa posture de leader s’enlise elle aussi dans ses propres failles.

Au milieu de tout ça, l’intrigue réintègre pleinement sa copie fasciste de Captain America avec le retour de Soldier Boy (Jensen Ackles), venu renforcer les rangs ennemis. De quoi faire un peu d’ombre au Protecteur et dynamiter quelque peu l’équilibre des forces en présence… sauf que son grand final continue curieusement de tempérer ses actions. (Et son futur rôle central dans le prochain spin-off – Vought Rising – y est pour beaucoup).
Arrivée à mi-saison, et après un ventre mou particulièrement flagrant, cette dernière salve gonfle tout de même ses rangs avec plusieurs personnages issus de Gen V, récemment annulée après deux saisons. Mais là encore, la série démontre son manque d’audace puisque ces apparitions ne servent finalement aucune véritable continuité narrative. Des caméos parmi tant d’autres, sans conséquence ni saveur.
The (small) Final
Même dans sa dernière ligne droite, pourtant bien plus meurtrière, The Boys ne retrouve jamais réellement sa fougue d’antan et continue de s’enliser dans une progression méchamment balisée. Après plusieurs chapitres accueillis assez froidement, y compris par une partie de sa fanbase, ce maigre final d’à peine une heure s’achève dans un esprit largement opposé à celui de ses débuts. Une conclusion qui révèle finalement le manque de mordant et de prise de risque de sa production. Le tout accouchant d’un happy end indigeste et télécommandé, parfaitement oubliable.

Conclusion
Dans sa finalité, The Boys saison 5 exploite des failles déjà visibles dans une formule désormais totalement émoussée. Qu’il s’agisse de ses questionnements autour de la moralité ou de sa violence toujours plus gratuite, cet essoufflement se ressent constamment à travers ses répétitions, ses longueurs et son cruel manque d’innovation.
À l’image de ce héros catapulté d’un lieu à un autre avec une facilité déconcertante, cette mécanique linéaire transpire autant dans la structure de la saison que dans l’écriture de ses personnages principaux, jusque dans la gestion de ses twists.
Techniquement, la série ne convainc pas davantage que par le passé, notamment à cause de son manque d’ampleur flagrant. Ce ne sont ni ses VFX banals ni ses scènes d’action sans punch qui changeront réellement la donne. Attention donc : l’affrontement final tant espéré est loin d’avoir l’intensité d’antan, à l’image de l’épisode Herogasm qui faisait autrefois les beaux jours du show.
Difficile, dès lors, de trouver des excuses à ce qui est devenu une fade satire du monde super-héroïque. Ce n’est pas tant une déception qu’une conclusion tristement prévisible, mais surtout dommageable pour un univers pourtant prometteur, finalement essoré jusqu’à la moelle.
EN DEUX MOTS : Au terme de cette ultime saison, The Boys donne surtout l’impression d’un univers arrivé au bout de sa propre mécanique. Là où la série brillait autrefois par son insolence, sa tension et son regard corrosif sur les super-héros, cette conclusion préfère recycler ses excès jusqu’à l’épuisement. Malgré quelques idées encore efficaces et une volonté d’offrir un véritable point final à ses personnages, cette saison 5 peine à retrouver la folie et le mordant qui avaient fait la force du show. Une sortie finalement cohérente avec l’évolution récente de la série : spectaculaire en apparence, mais largement vidée de sa substance.
MA NOTE : 2/5

👍 Points forts
- Une vraie conclusion apportée à l’univers principal.
- Le retour de Soldier Boy qui dynamise partiellement les enjeux.
- Quelques thématiques toujours pertinentes autour du culte de la personnalité et du pouvoir médiatique.
- Une violence encore assumée et fidèle à l’identité de la série.
👎 Points faibles
- Une formule devenue répétitive et prévisible.
- Une satire beaucoup moins subtile qu’à ses débuts.
- Un manque global de tension malgré les enjeux annoncés.
- Des personnages trop nombreux et parfois mal exploités.
- Un Homelander caricatural qui perd en aura inquiétante.
- Un rythme irrégulier avec un important ventre mou au milieu de saison.
- Des caméos issus de Gen V peu utiles à l’intrigue.
- Des scènes d’action et des VFX peu impressionnants.
- Une impression de manque de prise de risque dans le final.
Les crédits
CRÉATEUR : Eric Kripke
AVEC : Karl Urban & Antony Starr, Jack Quaid, Erin Moriarty, Tomer Capon, Karen Fukuhara, Chace Crawford, Laz Alonso, Nathan Mitchell,
Colby Minifie, Valorie Curry, Susan Heyward, Cameron Crovetti, Daveed Diggs, Jessie T. Usher, et Jensen Ackles, special guest star : Giancarlo Esposito (…)