A Knight of the Seven Kingdoms : ép.1 – S.1 ; premières impressions

Comme chaque aventure issue de l’univers de Game of Thrones, A Knight of the Seven Kingdoms est un événement en soi. L’année commence donc fort sur HBO Max. Malgré un format étonnamment court, du moins à première vue, la série aura connu un léger retard depuis son annonce. Son contenu est aujourd’hui estimé à environ trois heures, réparties en six épisodes, pour cette première aventure – officieusement intitulée The Hedge Knight, puisqu’elle adapte le premier tome de la trilogie littéraire de George R. R. Martin et donne également son nom à l’épisode introductif.

Un format, et surtout un récit, bien plus modestes que Game of Thrones et House of the Dragon, assurément, mais qui n’en demeurent pas moins riches de promesses par leur direction inédite.

Un siècle avant les événements de « Game of Thrones », deux héros improbables erraient dans Westeros… un jeune chevalier naïf mais courageux, Ser Duncan le Grand, et son petit écuyer, Egg. À une époque où la lignée Targaryen détient encore le Trône de fer et où le souvenir du dernier dragon n’a pas encore disparu de la mémoire collective, de grands destins, de puissants ennemis et de dangereuses aventures attendent ces amis improbables et incomparables.

Ce nouveau spin-off concentre en effet son intrigue sur un duo haut en couleur et immédiatement prometteur : Ser Duncan le Grand, dit « Dunk », chevalier errant sympathique, immense et inexpérimenté, et son jeune écuyer, « Egg », garçon mystérieux, vif et insolent. Tous deux parcourent Westeros et se retrouvent mêlés à des tournois, des intrigues politiques et divers conflits de loyauté et d’honneur. C’est tout le programme de la trilogie littéraire, mais guère plus.

Le ton de la série se veut ainsi bien plus intimiste que celui de ses aînées, offrant une approche nouvelle et rafraîchissante de cet univers médiéval et fantastique. Si certaines thématiques de fond persistent, cette première plongée permet déjà de dégager des intentions claires. D’autant qu’elle exclue totalement sa notion de fantastique aujourd’hui. Voici donc mes impressions et mes attentes après le visionnage du premier épisode.


Épisode 1 – The Hedge Knight

Dès ses premières minutes, ce nouveau spin-off se distingue nettement de ses prédécesseurs — et pour le meilleur. L’épique laisse place à l’intimiste, à une mise en scène plus contemplative, parfois en plans fixes, où l’action se resserre autour du quotidien d’un chevalier errant. Ce pilote, qui porte le nom de The Hedge Knight, se concentre logiquement sur Dunk, interprété par l’Irlandais encore peu connu Peter Claffey. En plus d’un charisme évident, son physique rappellera sans doute aux fans de la saga celui de l’atypique Brienne de Torth, dont il est d’ailleurs l’ancêtre lointain dans la chronologie.

En caractérisant très simplement son héros comme un grand gaillard courageux, mais un peu nigaud, A Knight of the Seven Kingdoms instaure immédiatement une légèreté et une sympathie naturelles envers son protagoniste et son parcours. Un choix qui sied parfaitement au format de la série. Très vite, ses interactions avec le jeune Egg font mouche à l’écran, quitte à devenir le cœur émotionnel du récit.

Une comédie médiéval ?

Si la saga a toujours su s’entourer de bons scénaristes et dialoguistes, Ira Parker ne fait pas exception — d’autant plus qu’il est déjà familier de l’univers après son travail sur HotD. Ici, toutefois, le récit se veut véritablement plus à taille humaine. Et prête encore plus à sourire que d’habitude. La mise en scène et le découpage participent pleinement à cette identité propre, notamment grâce à l’usage de courts flashbacks, aussi discrets, éphémères, qu’efficaces.

Naturellement, la série joue avec les codes de ses aînées afin de mieux s’en détacher et d’asseoir ses propres promesses. L’exemple le plus parlant survient dès le début de l’épisode, lorsque la posture héroïque de Duncan, accompagnée d’un thème musical iconique, est brusquement interrompue par la vision de déjections en pleine nature. Le ton est donné : cette aventure aura les pieds dans la merde (ou la boue) — littéralement — et s’éloignera volontairement des fastes de la noblesse habituelle.

Pelletées de merde comprises. Avec le sourire.

A Knight of the Seven Kingdoms s’impose ainsi rapidement comme une nouvelle référence, certes modeste, mais pleinement assumée. Là où l’on pouvait craindre que ses illustres aînées ne lui fassent de l’ombre, cette modestie devient paradoxalement sa plus grande force. En resserrant son propos, son point de vue et ses thématiques, la série va droit à l’essentiel, avec une simplicité bienvenue.

Ce héros naïf et foncièrement bon permet d’aborder les notions d’honneur et de chevalerie sans la moindre prétention — d’autant plus que ce dernier est complètement fauché. Ses interactions avec des familles et des chevaliers mieux nés renforcent habilement la question des classes sociales et, par extension, celle du pouvoir. Les injustices qui en découlent gagnent en impact, le spectateur se plaçant naturellement du côté de Dunk, tandis qu’un parallèle s’esquisse avec le mystère entourant les origines d’Egg.

Le choix de confier ce rôle au jeune Dexter Sol Ansell, né en 2014, se révèle particulièrement judicieux compte tenu du résultat. Son mélange de fragilité et d’insolence fonctionne à merveille. Sa voix enfantine, son tempérament affirmé et l’écart de stature — autant physique que sociale — avec Dunk confèrent au duo une sympathie immédiate et indéniable. Une alchimie qui ne devrait que se renforcer au fil des épisodes, à mesure que la relation de transmission entre le chevalier et son écuyer se développera.

La mise en scène, modeste mais très maîtrisée, doit également beaucoup au réalisateur Owen Harris, déjà remarqué pour son travail sur Black Mirror. Les décors alternent avec justesse – vastes extérieurs ruraux et intérieurs pittoresques, révélant toute la rudesse et l’authenticité d’un univers médiéval plus terre-à-terre. Même si cette fois porté sur la « comédie ». Grossièrement.


Conclusion

Ce pilote tient donc plutôt ses promesses. Il s’agit ici d’un ressenti assumé, subjectif, celui d’un fan et d’un lecteur, mais la qualité de la production demeure indéniable au regard de la modestie du projet et de l’œuvre qu’il adapte.

A Knight of the Seven Kingdoms semble avoir trouvé un équilibre particulièrement juste entre la minceur de son récit et sa direction technique, offrant à ce spin-off une identité et un ton qui lui sont propres. À noter également une bande-son mélodieuse réussie et un montage efficace, au service d’une narration épurée.

C’est donc avec un sentiment très positif que s’achève le visionnage de cet épisode introductif. Certes, l’aventure s’annonce courte — probablement trop — mais le plaisir, lui, est déjà bien présent, malgré un rythme volontairement posé, loin de toute frénésie.


MA NOTE (À CHAUD 🥵) :

EN DEUX MOTS : Ce premier épisode de « A Knight of the Seven Kingdoms » pose des bases particulièrement solides. En choisissant la modestie plutôt que la démesure, la série affirme d’emblée une identité propre, plus intime et humaine que ses prédécesseurs. Porté par un duo attachant, une mise en scène sobre mais maîtrisée et un regard rafraîchissant sur les notions d’honneur et de chevalerie, ce pilote séduit par sa simplicité assumée. Si son rythme posé et son format court pourront en dérouter certains, l’essentiel est là : une aventure sincère, chaleureuse et prometteuse, qui donne envie de poursuivre le voyage aux côtés de Dunk et Egg.

Points forts

  • Une identité claire et assumée
    Un ton intimiste qui se démarque efficacement de Game of Thrones et House of the Dragon.
  • Le duo Dunk / Egg
    Une alchimie immédiate, touchante et crédible, portée par deux interprètes convaincants.
  • Un héros attachant
    Dunk incarne une chevalerie naïve et sincère, facilitant l’identification du spectateur.
  • Une mise en scène sobre et maîtrisée
    Découpage précis, flashbacks efficaces et décors naturels immersifs.
  • Des thématiques fortes abordées avec simplicité
    Honneur, classes sociales, transmission et injustice traités sans lourdeur.
  • Une bande-son discrète et mélodieuse
    Au service de l’émotion plutôt que du spectaculaire.

Points faibles

  • Un rythme très posé
    Peut donner une impression de lenteur à certains spectateurs habitués à plus d’action.
  • Une échelle volontairement réduite
    Moins d’enjeux immédiats et spectaculaires que dans les autres séries de l’univers.
  • Un format court frustrant
    L’épisode donne parfois le sentiment de s’arrêter trop vite, tant l’attachement aux personnages est rapide.

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