LANDMAN – saison 2

Après la saga Yellowstone, Landman s’impose comme l’autre grand succès récent de Taylor Sheridan. Si le cinéaste américain est omniprésent sur le petit écran ces dernières années, la série demeure l’une de ses nouvelles consécrations. Un western moderne made in USA, jusqu’à la moelle.

Une appellation qui s’accompagne de caractéristiques chères à l’auteur : l’industrie américaine, le pouvoir économique et politique, la masculinité, la loyauté, ou encore un certain cynisme. Le tout sous couvert d’une violence latente, cela va sans dire.

C’est probablement ce mélange entre un traitement ancré dans le réel et une stylisation propre à la fiction qui a fait le succès de la série. D’autant plus que le regard de Landman se place avant tout sur un homme de terrain, comme son titre l’indique. Un intermédiaire naviguant entre toutes les forces en présence : propriétaires terriens, compagnies pétrolières, autorités locales, trafiquants et travailleurs de l’ombre. Une dimension aussi large que bien servie.

Au milieu de cette échelle sociale, Billy Bob Thornton conserve sa place de choix, au sein d’un casting encore enrichi. De plus, son créateur signe à nouveau l’intégralité des scripts. Landman saison 2 poursuit donc sa trajectoire avec une continuité cohérente et assumée.

A mesure que le pétrole jaillit de la terre, les secrets refont surface, et Tommy Norris pourrait atteindre son point de rupture plus tôt qu’il ne le pense. Confronté à la pression croissante de M-Tex Oil, de Cami Miller et de l’ombre de ses proches, survivre dans l’ouest du Texas n’est pas une mince affaire, c’est une véritable épreuve. Et tôt ou tard, quelque chose va finir par céder.

Sa saison introductive, déjà dense, laisse place à une suite tout aussi fournie, d’autant plus qu’elle sert à durcir le propos du show. À ce jeu-là, Sheridan maîtrise la situation et multiplie les problématiques. Cependant, si la première saison était traversée par quelques défauts, cette nouvelle salve corrige-t-elle le tir ? Non. Mais s’impose-t-elle comme une nouvelle référence dans la filmographie télévisuelle de son créateur ? L’engouement qu’elle suscite semble indiquer que oui.

L’homme de terrain vs. everybody

Si les terres de l’ouest du Texas — et plus largement le monde pétrolier — demeurent le cœur battant de Landman, les personnages qui les foulent en sont les véritables artères. La disparition de Jon Hamm au terme de la première saison laissait un vide conséquent à combler. Mais astucieusement, Sheridan avait déjà préparé le terrain.

Jusqu’alors très secondaire, Demi Moore, qui interprète Cami, la veuve de Monty, passe du statut de simple guest à celui d’actrice pleinement impliquée dans l’intrigue. Parallèlement, le caméo d’Andy Garcia, dans la peau d’un investisseur ambigu, se transforme lui aussi en présence récurrente — malgré son absence lors de la réouverture de la saison.

À eux deux, ces figures bien connues du cinéma offrent une opposition idéale au décomplexé Tommy, toujours vaillamment interprété par Billy Bob Thornton. Porté par une écriture qui brille notamment par la qualité de ses dialogues, Sheridan continue de mêler insidieusement enjeux professionnels et conflits familiaux. L’arrivée de Sam Elliott pour compléter la distribution n’a donc rien d’anodin.

L’octogénaire, déjà remarquable dans 1883, s’illustre ici comme une figure paternelle fatiguée mais charismatique. Si son impact narratif reste davantage symbolique que central, sa présence sert avant tout à enrichir le background dramatique du personnage de Tommy.

Un monde riche de possibilités

Pour le reste, l’univers de Landman tourne à plein régime malgré les crises, ce qui vaut également pour sa distribution secondaire inchangée. La série continue d’explorer les rapports de pouvoir entre ses différents acteurs, son protagoniste principal apparaissant presque comme une figure omnisciente, tant son pragmatisme semble omniprésent. Un choix à double tranchant : percutant dans son propos, mais parfois excessivement fictionnel dans son efficacité.

Sheridan n’est, après tout, ni plus ni moins que le rouage le mieux graissé de la machine Paramount — du moins pour le moment.

C’est aussi sa vision du capitalisme américain qui rend la série si captivante. Si son discours politique penche naturellement à droite, le regard porté par son créateur se révèle parfois critique, ou du moins profondément ambigu. Une ambiguïté qui se reflète dans ses personnages, souvent guidés par des décisions aussi spontanées que lourdes de conséquences.

Landman demeure en tout cas crédible, notamment sur le plan technique. Le rythme est globalement maîtrisé, malgré quelques longueurs liées à la durée de certains épisodes. La série multiplie les points de vue et détaille son propos sous de nombreux angles, en décrivant un monde industriel où le système écrase fréquemment les responsabilités individuelles.

Un équilibre que Sheridan maîtrise avec assurance : entre drames familiaux, moments plus simples teintés d’humour, et négociations tendues dont les conséquences se chiffrent en millions de dollars. À ce niveau, la série reste lisible, d’autant plus lorsqu’elle parvient à faire coïncider réalisme et fiction.

Conclusion

Cette seconde saison demeure cohérente dans son déroulé, malgré une tension parfois superflue. Et pourtant, elle n’est jamais ennuyeuse. Pour cela, Sheridan s’entoure une nouvelle fois d’artisans dévoués : Stephen Kay met en scène l’intégralité des épisodes, avec une réalisation sobre, soutenue par une bande-son discrète, comme purement country, et une exploitation efficace des paysages texans. L’immersion dans ces décors arpentés tout au long de la saison est indéniable.

Dans sa finalité, Landman saison 2 affirme pleinement son identité. Son réalisme cru lui permet de dépasser les limites d’un genre en apparence sage, tandis que ses dialogues et ses personnages font le plus souvent mouche. Et si certains défauts persistent — l’intrigue secondaire autour d’Angela (Ali Larter), ou quelques moments plus naïfs — ils sont une nouvelle fois éclipsés par l’efficacité globale de l’ensemble. D’autant plus que, renouvelée pour une troisième saison en décembre dernier, l’aventure texane n’est manifestement pas près de s’arrêter.

EN DEUX MOTS : Avec sa saison 2, Landman confirme sa place parmi les œuvres télévisuelles les plus solides de Taylor Sheridan. Plus dense et plus frontale, la série affine son regard sur le pouvoir économique américain tout en s’appuyant sur une écriture cohérente et un casting renforcé. Malgré une tension parfois artificielle et quelques intrigues secondaires dispensables, l’efficacité de l’ensemble, la crédibilité du propos et la force des dialogues dominent largement. Landman s’impose ainsi comme un western industriel contemporain maîtrisé, sans révolutionner le genre.

MA NOTE : 15/20


Points forts

  • Identité forte de western moderne
  • Écriture cohérente et dialogues percutants
  • Casting solide et renforcé (Thornton, Moore, Garcia, Elliott)
  • Crédibilité technique et immersion réussie
  • Ambiguïté politique et économique maîtrisée
  • Équilibre entre drame intime et enjeux plus large

Points faibles

  • Tension artificielle par moments
  • Légères longueurs liées au format des épisodes
  • Intrigues secondaires faibles (Angela largement en tête)
  • Pragmatisme parfois excessif du protagoniste
  • Quelques séquences naïves

Les crédits

CRÉATEURS : Taylor Sheridan & Christian Wallace

AVEC: Billy Bob Thornton, Andy Garcia, Demi Moore, Ali Larter, Jacob Lofland, Michelle Randolph, Kayla Wallace, Paulina Chávez,

James Jordan, Mark Collie, et Sam Elliott, mais aussi : Colm Feore, Guy Burnet, Caleb Martin, Mustafa Speaks, Francesca Xuereb (…)

ÉPISODES : 10 / Durée moyenne : 52mn / DIFFUSION : 2025-26 / CHAÎNE : Paramount+

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